Films G L
Posté le 26.02.2008 par nobodycares
Difficile d'aborder le cas particulier du "Hulk" d'Ang Lee, le film s'est fait démolir par la critique et il est clairement bourré de défauts, mais en ce qui me concerne, je trouve que les nombreuses qualités et la sincérité absolue qui se dégage du tout en font un film très attachant.
L'accueil très froid qui fut réservé au film est peut-être d'abord dût à l'effet de surprise, beaucoup de fans de Hulk ont dû être bien déçus. Ang Lee adapte un comic culte, mais il utilise cette adaptation comme un prétexte pour continuer à décortiquer les relations humaines sous toutes leurs formes.
Parce qu'avec le recul, il est clair qu'il se fout complètement de son personnage principal, ce qui l'intéresse c'est d'abord les interactions difficiles entre tous ses personnages, et il utilise la création d'Hulk comme l'élément déclencheur de tout un tas d'émotions complexes et de conflits ouverts entre des gens qui devraient s'aimer mais qui se déchirent, et c'est ça qui me plaît beaucoup dans le film.
Que ce soit les relations entre un père militaire ultra-strict et sa fille scientifique au cœur rempli d'amour pour l'Humain sous toutes ses formes, de celles entre un fils qui ne comprend pas ce qui lui arrive et un père tiraillé entre ses remords, sa curiosité scientifique et sa recherche du pouvoir absolu, ou bien encore cette relation amoureuse entre une femme qui tente désespérément de capter ne serait-ce qu'une bribe d'émotion de la part de son bien-aimé, Ang Lee décortique tous ces rapports humains avec une intelligence rare, mais ce n'est peut-être pas ce que le public que cible le film était venu chercher.
La mise en scène est magnifique, et c'est peut-être le film qui se rapproche le plus de la bande-dessiné dans son aspect purement visuel. Ang Lee use et abuse d'artifices de mise en scène, mais c'est toujours en totale adéquation avec le concept d'adaptation fidèle de la B.D., les transitions, le découpage, les splits-screen, tout est là pour nous rappeler le support original, c'est un parti pris artistique, que l'on aime ou pas, on ne peut pas lui reprocher cela.
On le sent par contre beaucoup moins inspiré dans les scènes d'action même si elles sont, dans l'ensemble, assez efficaces. Comme je le disais plus haut, on sent qu'il insert ces séquences parce qu'il le fallait, mais il est clair que ce n'est pas cela qui le passionne, cela donne donc des scènes complètement ratées comme la "fameuse" scène dans laquelle Hulk fait des bons dans le désert, c'est assez ridicule et indéfendable.
C'est un peu le même constat pour ce qui concerne le casting, si le duo principal est plus qu'excellent, Nick Nolte et Sam Elliott en font des caisses et cela ne sonne pas toujours très juste.
Mais quand on a un Eric Bana aussi énorme qui campe un personnage pourtant très difficile, plein de contradictions et de conflits intérieurs, et une Jennifer Connelly absolument exceptionnelle qui parvient toujours à se surpasser après plus de 20 ans de carrière, il serait bien mal venu de faire la fine bouche devant le cast, c'est très rare d'avoir un duo d'acteurs aussi parfaits dans un film et il faut absolument le souligner !!
Voilà, si vous cherchez un film d'action bourrin ou un gros divertissement avec un Hulk qui démolit tout sur son passage, ce film n'est certainement pas fait pour vous, mais si vous voulez voir un film qui propose une réflexion intelligente sur les rapports humains ponctué de quelques séquences d'action sympathiques, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Dans tous les cas, quoi que l'on en dise, "Hulk" c'est loin d'être aussi raté que sa réputation veut bien nous le faire croire, c'est une certitude.
7/10
Posté le 26.02.2008 par nobodycares
Il aura fallu attendre six ans pour voir débarquer sur nos écrans le nouveau film du Sean Penn réalisateur. Le bonhomme prend son temps entre ses films et c'est généralement une bonne chose tant il ne nous avait jamais déçu pas le passé. Après les excellents "The Indian Runner", "The Crossing Guard" et "The Pledge", il effectue un virage à 180 degrés en quittant l'intensité urbaine étouffante pour se pencher sur l'histoire vraie de Christopher Mccandless, ce jeune Américain issu d'une famille aisée qui décide de tout plaquer pour partir à l'aventure le jour où il obtient son diplôme universitaire, il part avec un objectif en tête : l'Alaska.
Le pitch de ce "Into The Wild" est donc très simple, un road-movie qui prend des airs des quête initiatique avec la nature comme personnage principal.
Alors l'histoire est, certes, touchante et la galerie de personnages secondaires est vraiment très attachante mais le film est bourré de petits "tics" qui font qu'il n'est pas si agréable à suivre que cela.
A commencer par ce personnage principal qui m'est très antipathique, ce petit "monsieur-je-sais-tout" qui, du haut de ses 23 ans, donne des leçons de vie à tout le monde et qui pense détenir la vérité absolue devient très vite énervant. On comprend ses motivations et on a même du respect pour ce qu'il entreprend, mais cette manie de vouloir faire de sa quête personnelle un acte que "tout le monde devrait faire au lieu de se laisser bouffer par la société, l'agent, bla bla bla ...." fait que le tout sent un peu trop le pamphlet pour être réellement touchant, et quand vient la scène-choc du film, et bah franchement on se dit qu'il l'a bien mérité !!
Le deuxième mauvais point du film, c'est cette voix-off qui vient nous narrer les états-d'âmes de la petite sœur abandonnée tout le long du film. Je comprends parfaitement les motivations de cette narration, elle vient nous rappeler que l'acte égoïste de Chris n'est pas sans conséquences et que, pendant qu'il s'éclate, il fait souffrir des gens qu'il aime. C'est plutôt la façon dont le texte est écrit qui me dérange, trop littéraire pour être touchant et trop disparate pour marquer durablement le spectateur. C'est vraiment dommage, surtout que Jena Malone est, comme toujours, absolument parfaite dans le rôle.
Mais ce qui dérange le plus dans "Into The Wild" ce sont sans aucun doute les "tics" de mise en scène qui étaient jusqu'ici totalement absents des films de Penn. Et c'est d'autant plus gênant que le film parle de pureté et de la beauté de la nature, la simplicité était de mise, mais non, au lieu de cela Penn nous sort une multitude d'effets "tape-à-l'œil" et inutiles. Tout y passe, du ralenti en passant pas le "split-screen" jusqu'à un vilain plan tournoyant au-dessus du personnage qui rappelle fortement un certain "I'm the king of the world !!!!!!!!!". L'artificialité de la mise en scène annihile donc un bon nombre de séquences qui auraient été magnifiques avec un peu plus de sobriété, n'est pas Terrence Mallick qui veut...
Mais "Into The Wild" n'est pas un grand "ratage", il possède même beaucoup de qualités qui feraient presque oublier les défauts que je viens de citer.
A commencer par le casting qui est, comme dans les précédents films de Penn, proche de la perfection. Le jeune Émile Hirsh est très impressionnant dans le rôle principal, on sent qu'il s'est vraiment investi à 100 % dans le personnage et sa performance mérite un respect absolu. Il s'est même transformé physiquement pour le rôle, il a perdu quelques kilos et les dernières scènes du film font vraiment froid dans le dos.
Et puis il y a tous ces personnages secondaires, dont je parlais plus haut, qui viennent ponctuer le film, et ce sont vraiment eux qui sont l'âme de "Into The Wild". Du couple de hippies campé par un excellent Brian Dierker et une Catherine Keener comme toujours parfaite, au vieux papy en manque de compagnie interprété par le très touchant Hal Hol Brook, en passant par Vince Vaughn qui vient faire une courte apparition en fermier criminel ou la jeune Kristen Stewart en "withe trash" en quête d'amour, ils sont tous excellents, tous intéressants et ce sont vraiment leurs interactions avec Chris qui font toute la force du film.
Et puis, même si les "tics" dont je parlais plus haut sont agaçants, il reste tout de même quelques plans d'une rare beauté, sublimés il est vrai par le splendide travail d'Eric Gautier à la photographie et la musique envoûtante du trio Brook, King, Vedder.
Au final, "Into The Wild" est un film bancal dont la forme est parfois un peu trop en contradiction avec le fond pour être totalement réussi, mais qui reste à voir ne serait-ce que pour cette galerie d'excellents acteurs et les quelques très beaux plans que l'on retrouve parsemés tout au long de ces deux heures et demie. Le moins bon film de Sean Penn mais un bon film quand même.
7/10
Posté le 17.02.2008 par nobodycares
Pour son premier film en tant que réalisateur, Ben Affleck s'est entouré d'une équipe de grande qualité et il n'a pas choisi la facilité quand on voit le sujet du film.
"Gone Baby Gone" est un polar très noir, l'histoire d'un jeune couple de détectives privés qui est engagé pour retrouver une petite fille disparue, on suit leur enquête et donc leurs relations avec la police, mais le film nous offre surtout une réflexion intéressante et loin d'être politiquement correct sur un sujet bien délicat: est-ce toujours une bonne chose pour un enfant de rester avec sa famille ?
Dès les premiers plans du film, on est agréablement surpris, Affleck réalisateur ne semble pas un adepte de la mise en scène "Bay-ienne" comme l'on pouvait le craindre, des cadrages travaillés, des mouvements lents mais efficaces et une bonne utilisation de la musique, c'est donc la sobriété qui est ici de mise, et cela fait franchement plaisir.
Tout n'est pas parfait dans sa mise en scène et l'on ressent encore un manque de maîtrise dans les scènes d'action parfois un peu brouillonnes, mais dans l'ensemble c'est vraiment très encourageant et surtout plein de bonnes intentions. Ces fameuses séquences d'actions par exemple, si elles ne sont pas limpides, elles sont par contre parfaitement bien amenées et l'on sursaute à plusieurs reprises, la violence et sèche et soudaine et, j'ai l'impression que le travaille sonore sur les bruits de tirs a été particulièrement soigné.
Et puis son équipe technique est véritablement remarquable, la photographie de John Toll est superbe, et le montage de William Goldenberg sert magnifiquement le film le rend très agréable à suivre.
Mais étant avant tout un acteur (si, si, bande de mauvaises langues ...), c'est bien dans la direction des acteurs qu'il faut chercher la plus grande qualité du bonhomme. Le casting est excellent et il en tire vraiment un maximum, alors on passera sur Morgan Freeman et Ed Harris qui sont parfaits comme très souvent pour se pencher sur le jeune duo principal.
Michelle Monaghan est décidément toujours aussi excellente, ici dans un rôle radicalement différent de ce qu'elle avait l'habitude de nous montrer, elle délivre une performance toute en nuances et en douceur, elle a peu de dialogue, mais on l'écoute attentivement à chaque fois qu'elle parle et on l'admire quand elle reste muette.
Mais la grosse claque c'est encore une fois Casey Affleck, ça fait deux fois en moins d'une semaine que le petit frangin me met une grosse claque, il n'est tout de même pas au même niveau que dans «The Assassination Of Jesse James By The Coward Robert Ford» mais il reste vraiment exceptionnel. Son personnage est de loin le mieux écrit et il en tire le maximum, jamais manichéen ou même caricatural et livre une interprétation convaincante de tous les doutes et de toutes les interrogations morales qui déchirent le personnage et on ne peut s'empêcher d'être touché.
La musique d'Harry Gregson-Williams est excellente et utilisée avec parcimonie, elle sait se faire discrète et souligne parfaitement les moments importants du film, rien à redire de ce côté-là.
Venons-en maintenant à ce qui fâche: le script. Co-écrit par Affleck lui-même et Aaron Stockard, il est excellent dans toute la première heure, mais s'écroule un peu en ayant recours à de nombreux twists pas toujours judicieux et cela casse significativement le rythme du film, c'est vraiment dommage. Je n'ai pas lu le roman de Dennis Lehane, mais c'est lui qui avait signé le magnifique «Mystic River» dont l'adaptation cinématographique par Eastwood était, elle, sans failles.
Heureusement la dernière scène vient sauver un peu cette deuxième heure plus laborieuse, elle laisse planer le doute et laisse au spectateur le soin de se faire sa propre idée sur la question, c'est tellement rare à Hollywood qu'il faut saluer l'initiative, le didactisme, c'est mal !!
"Gone Baby Gone" reste donc un bon film dans l'ensemble, les petites problèmes rythmiques et «scriptiques » sont largement compensés par un casting trois étoiles et une mise en scène inspirée de Ben Affleck, on attend la suite de sa carrière avec impatience.
7/10
Posté le 03.02.2008 par nobodycares
J'attendais beaucoup de ce deuxième volet du diptyque d'Iwo Jima, comme j'ai eu l'occasion d'en parler sur ce blog, j'avais vraiment adoré "Flags Of Our Fathers" et on m'avait di beaucoup de bien de ce "Letters From Iwo Jima", c'est donc avec une excitation à peine contenue que je commençais la séance. Commençons tout d'abord par souligner l'originalité et l'intelligence de la démarche d'Eastwood, c'est quand même un réalisateur qui choisit de mettre en scène le camp adverse, dans une langue dont il ne parle pas un mot et il réussit le tout sans jamais avoir recours au manichéisme, juste pour ça, ce "Letters From Iwo Jima" est une œuvre nécessaire et respectable.
Le film fait donc écho aux événements que l'on a suivi dans "Flags Of Our Fathers" mais cette fois-ci en se focalisant sur le camp japonais et, dès le début, Clint Eastwood nous annonce la couleur, ce que l'on va suivre pendant plus de deux heures, c'est la chronique d'une défaite annoncée et inévitable et surtout les réactions des différents soldats qui sont voués à une mort quasi certaine.
Le sujet est donc tragique et, en faisant cela, Eastwood retire tout le suspense et désamorce les enjeux habituels du film de guerre et permet ainsi au spectateur de se concentrer sur l'essentiel : les personnages. Et de ce côté-là, c'est une réussite totale, ils sont tous complexes, passionnants, touchants et profondément humain, Eastwood humanise l'ennemi et ça c'est tellement rare que ça fait franchement plaisir.
Du général qui veut être patriote, mais qui sait pertinemment que l'image de l'ennemi vendu par la propagande de l'empire est très loin de la réalité qu'il connaît, celui-ci ayant en effet vécu aux États-Unis, au tout jeune boulanger ayant été forcé de quitter sa femme enceinte pour mener une guerre qu'il n'a pas choisi en passant par l'ancien médaillé olympique qui se retrouve au milieu de cette bataille, ils sont tous passionnants et les plus de deux heures que dure le film passent vraiment très vite.
La réalisation d'Estwood est toujours aussi parfaite, les cadrages, les mouvements, les angles de caméra, tous les aspects de sa mise en scène respirent la classe et l'intelligence, c'est un régal de tous les instants et il se dégage de ce "Letters From Iwo Jima" une immense fluidité et une grande lisibilité, rien à redire.
La photographie de Tom Stern est, bien que très différente de celle de "Flags Of Our Fathers", toujours aussi magnifique. Chaque plan est un tableau de maître, de ses plans d'ensemble sur les bombardements jusqu'aux gros plans sur les visages, pas une faute de goût, c'est splendide, tout simplement.
Les acteurs sont tous parfaits, mais trois performances sortent clairement du lot. Tout d'abord celle du jeune Kazunai Nomomiya, son personnage est peut-être le moins complexe, mais c'est aussi le plus directement touchant, il retranscrit à merveille cette "insouciance" et cette "optimisme" qui vous fend le cœur, il est de plus franchement excellent dans le flash-back qui le met en scène avec sa femme. Ensuite il y a Tsuyoshi Ihara dans le rôle du Baron Nishi, là encore c'est une prestation sans failles, il dégage une grande sagesse et la lecture de la lettre du soldat américain est sans aucun doute la scène la plus marquante du film, bouleversant. Mais l'acteur qui se détache vraiment du lot, c'est bien entendu Ken Watanabe. Son personnage est clairement le plus intéressant du film et il l'incarne à la perfection, il retranscrit parfaitement toutes les contradictions du personnage, charismatique et ultra-patriotique en public et terriblement touchant et humaniste lorsqu'il ne s'adresse qu'à un interlocuteur, c'est vraiment un immense personnage interprèté par un acteur qui trouve ici son meilleur rôle.
Mais il y a tout de même quelques petits défauts dans ce "Letters From Iwo Jima", rien de bien grave, mais il fallait que j'en parle. Quelques flashbacks ne servent qu'à faire respirer le film et n'apportent pas grand-chose au tout, on comprend parfaitement la nécessité de ceux-ci, mais il n'en reste pas moins que certains d'entre eux ne sont vraiment pas très intéressants. Mais le plus gros défaut du film selon moi, c'est la répétition du thème principal de Kyle Eastwood, non pas que la musique soit mauvaise en elle-même, au contraire même, mais on nous la ressort dès qu'il y a un moment d'émotion et, à la longue, c'est vraiment trop répétitif, un peu de diversité aurait été la bienvenue.
Au final "Letters From Iwo Jima" est un excellent film, peut-être moins profond que "Flags Of Our Fathers" mais tout aussi touchant et maîtrisé. Il confirme de plus la forme exceptionnelle de Clint Eastwood qui, à bientôt 78 ans, est en train de se construire la fin de carrière la plus impressionnante de tous les temps, énorme !
8,5/10
Posté le 27.01.2008 par nobodycares
Deux ans après un "Thank You For Smoking" sympathique mais un peu trop cynique à mon goût, le jeune Jason Reitman (le fiston du grand Ivan Reitman) est de retour derrière la caméra.
Pour son second long-métrage, il a choisi de mettre en image le premier script de la jeune Diablo Cody.
"Juno" c'est l'histoire d'une adolescente de 16 ans qui tombe enceinte après un rapport sexuel avec son meilleur ami. Elle décide de donner son enfant à un jeune couple qui est dans l'incapacité de procréer.
Voilà, ça sentait la guimauve à plein nez, on s'attendait à voir défiler sous nos yeux un florilège de stéréotypes et à voir le tout se terminer dans la joie et la bonne humeur sur une chanson de Whitney Houston. Et bien NON !!! "Juno" ce n'est rien de tout cela et dès les premières minutes on sent que l'on est devant un film sincère, sans langue de bois et surtout dont les personnages sont intelligents, et ça c'est très rare, surtout quand ceux-ci sont des adolescents.
Juno a 16 ans, elle est enceinte, mais ce n'est pas une poufiasse décérébrée fan de "Tokio Hotel", elle est cultivée, intelligente, assez mature et surtout tout à fait lucide en ce qui concerne sa situation.
Pas de longues séquences pleurnichardes, pas de diatribes anti-avortement, pas de leçons de morale de la part des adultes, c'est très rare dans un film américain et encore plus dans un film produit par la Fox et il fallait absolument le signaler.
La mise en scène de Reitman a franchement gagné en maîtrise depuis "Thank You For Smoking", on sent le réalisateur plus posé et conscient que ce sont les personnages qu'il faut mettre en valeur.
On sent l'influence de Wes Anderson et ça, c'est un putain de gros compliment !!
L'utilisation de la musique est notamment très "Andersonienne", mais c'est incontestablement un bon point, surtout quand la B.O. est de cette qualité. On retrouve des morceaux de Kimya Dawson et des "Moldy Peaches", du "Velvet Underground", des "Kinks", de Buddy Holly ou bien encore de "Sonic Youth", enfin bref, c'est du très très bon et le tout se marie parfaitement avec les images.
Le générique de début est, à ce titre, un petit bijou, on est tout de suite plongé dans l'ambiance.
Mais plus encore que le script, le réalisateur ou la B.O., ce sont bels et bien les acteurs qui font de "Juno" une réussite totale. Le cast est éclectique et contient beaucoup de transfuges télévisuels, on retrouve donc Jason Bateman et Jennifer Garner en couple adoptant et ils sont tous les deux très bons, lui dans le rôle de cet aspirant artiste qui se contente d'une petite vie tranquille et elle en femme stérile un peu coincée mais voulant à tout prix être une mère. C'est bien simple, c'est le meilleur rôle de Garner, je ne l'attendais vraiment pas à ce niveau, elle est vraiment excellente dans un personnage pourtant très difficile, elle ne fait aucune fausse note, un très bonne surprise.
On retrouve aussi le toujours parfait J.K. Simmons dans le rôle du père de Juno, j'ai beaucoup de mal à le voir en autre chose que Shillinger de "Oz" d'habitude mais là ça passe parfaitement, c'est dire si son interprétation est réussie. Et puis c'est Allison Janney qui se glisse dans la peau de la belle-mère de Juno, et que dire, elle cartonne, comme d'habitude, c'est vraiment étonnant de voir tous les talents qui étaient jusqu'à maintenant à des rôles télévisuels.
Il y a aussi Michael Cera, c'est lui le père de l'enfant, son rôle n'est pas très étoffé, mais il éclabousse toutes ses scènes de son immense talent. On sent de plus qu'il a une énorme complicité avec Ellen Page et les scènes qui les mettent en scène tous les deux sont sans aucun doute les meilleures du film.
Tout ceci nous emmène à LA grosse claque du film, la confirmation qu'Ellen Page deviendra, et EST même déjà, grande !!!! On l'avait déjà remarqué dans quelques seconds-rôles puis elle s'était révélée aux yeux du monde avec sa performance exceptionnelle dans "Hard Candy", mais là ça dépasse vraiment tout ce que l'on pouvait imaginer. Elle est ENORME de la première à la dernière image, elle est présente dans pratiquement toutes les scènes et elle ne manque jamais une réplique.
Drôle, intelligente, parfois chieuse et insupportable mais toujours juste, elle donne vie à Juno, elle porte le film sur ses épaules et à la fin de la séance on reste estomaqué par tant de maturité chez une actrice qui n'a, je le rappelle, pas encore 21 ans. Si elle continue sur cette lancée, je lui prédis une carrière immense, ce n'est pas possible autrement !
Et puis la séquence muette dans le lit d'hôpital qui la met en scène avec Cera, on pleure, forcément !
J'ai lu les critiques du film et c'est dans l'ensemble très positif, les détracteurs reprochent au film d'être trop "écrit" et d'avoir des personnages trop intelligents pour être crédible, alors je ne sais pas depuis quand ces deux aspects sont des défauts mais si c'est tout ce qu'ils arrivent à reprocher à "Juno, " je veux bien l'accepter, sauf que pour moi ce sont deux immenses qualités.
Au final, je dirais que "Juno" fait partie des films que je n'ai même pas envie de défendre ou de promouvoir, je l'ai vu, j'ai été touché en plein cœur, et finalement c'est tout ce qui compte, un film précieux, tout simplement...
10/10
"I guess normalcy isn't really our style." Juno
Posté le 21.01.2008 par nobodycares
Dans le film, il y a Jessica Alba et plein de pingouins, j'étais donc obligé de le regarder, si vous n'êtes fan ni de l'une ni des autres, passez votre chemin.
Parce que "Good Luck Chuck" représente à lui seul à peu près tout ce qu'il ne faut pas faire dans une comédie, ce n'est JAMAIS drôle, le personnage "interprèté" par Dan Fogler est peut-être l'un des moins réussis de ces dix dernières années et SURTOUT, c'est d'une niaiserie abyssale.
La fin fait peur tellement c'est ridicule, je ne pensais pas que c'était encore possible à notre époque d'atteindre un tel niveau de débilité, c'est vraiment le cas typique du "happy end" que l'on voit venir à des kilomètres et qui donne dans la surenchère de bons sentiments saupoudrée de tous les clichés possibles et imaginables, c'est à vomir.
Le film ne vaut donc que pour la plastique plus qu'agréable de la miss Alba (heureusement qu'elle est bonne elle parce que franchement niveau actrice, c'est un peu le vide intersidéral…) et puis pour les pingouins qui sont, je le rappelle, les meilleurs animaux qui existent sur notre bonne vieille planète bleue, et ça c'est beau !
1,5/10
Posté le 14.01.2008 par nobodycares
Deux ans après le très sympathique "Hellboy", Guillermo Del Toro, un des réalisateurs qui représente le mieux la comunauté "geek", est de retour avec ce qu'il annonce comme étant son film le plus personnel, alors forcément, ça attise la curiosité.
L'accueil de la critique fut plutôt mitigé, le film fut totalement boudé à Cannes, mais ça on pouvait s'y attendre, et les avis sont généralement très tranchés, en gros on crie au chef-d'œuvre où l'on trouve ça "tout pourri". Je ne savais donc pas du tout à quoi m'attendre en enfournant le Hd-Dvd (oui j'me la pète :-D) dans le lecteur, et dès le premier plan du film, tous les doutes se sont envolés, ça allait être une expérience extraordinaire, un point c'est tout !
Et extraordinaire ça le fut, il va être très difficile d'expliquer avec des mots toute la puissance évocatrice de ce grand chef-d'œuvre, parce que grand chef-d'œuvre il y a, sans aucun doute !
"Le Labyrinthe de Pan" raconte l'histoire d'une jeune fille et de sa mère enceinte qui déménagent pour aller rejoindre le nouveau mari de celle-ci qui se trouve être un capitaine franquiste. La jeune fille qui répond au doux nom d'Ofelia trouvera en arrivant là-bas deux mondes bien distincts : d'un côté celui bien réel des horreurs commises par l'armée franquiste et donc son beau-père et de l'autre un monde imaginaire peuplé de créatures étranges et intrigantes qu'elle s'invente.
Alors il est clair que dans l'idée, le pitch n'a rien d'original, s'évader d'une réalité morose en se réfugiant dans un monde imaginaire rassurant est un concept que l'on a déjà vu des dizaines de fois.
Mais toute l'originalité de "Le Labyrinthe de Pan" réside dans le fait que l'univers fantasmé par Ofelia n'a rien de rassurant, il possède ses propres codes, ses propres personnages ambigus et surtout ses propres dangers.
Et c'est bien là la grande force du film, le récit imaginé par Guillermo Del Toro est magnifique et plein de sincérité, mais l'on ressent également une tristesse infinie, le génial réalisateur ne fait jamais de concessions, quitte à se mettre à dos tout un pan du public qui ne supporte pas que l'on puisse traiter un film si "fantasque" de manière aussi sérieuse.
Mais laissons les boudeurs faire la fine bouche, "Le Labyrinthe de Pan" propose une réflexion très juste sur la nécessité absolue du pouvoir de l'imagination, mais il est catégorique sur le fait qu'il ne faille pas que ces univers fantasmagoriques soient édulcorés ou formatés comme c'est le cas dans 90 % des films de genre actuel.
Et en plus de cette déclaration d'amour absolue au cinéma qu'il aime et qu'il défend, Guillermo Del Toro propose aussi une œuvre forte et violente, la partie se déroulant dans le "monde réel" étant d'une horreur réaliste absolue.
La mise en scène est d'une beauté, d'une efficacité et surtout d'une intelligence à couper le souffle. La caméra de Del Toro est constamment en mouvement et le montage de Bernat Vilaplana est très proche de la perfection. On est happé par le film dès les premières images, on est assaillis par un torrent d'émotions divers allant de la colère au dégoût en passant par la fascination absolue pour ce personnage mythique qu'est le "Pale Man", une chose est sûre, on ne ressort pas indemne d'une telle expérience, on a l'impression d'avoir assisté à une œuvre majeure, enfin en gros c'est la grosse tatane dans les gencives !!
Et l'aspect visuel du film dont je viens de parler est SUBLIMÉ, et je pèse mes mots, par un travail époustouflant de Guillermo Navarro à la photographie. Alors je l'ai vu en HD donc ça aide forcément mais putain qu'est ce que c'est beau. Chaque plan est travaillé comme un tableau de maître, les deux univers ont leurs personnalités propres et on en prend plein les mirettes pendant deux heures. La première nuit dans la chambre d'Ofelia et de sa mère est, par exemple, belle à en pleurer, les tons très froids et bleutés de cette chambre se mêlent magnifiquement avec la chaleur "dorée" qui s'échappe de la cheminée, c'est splendide !! Guillermo Navarro n'a certainement pas volé son Oscar, un immense coup de chapeau à lui, vraiment !!
L'univers sonore du film est tout aussi riche que son homologue visuel, les bruitages sont travaillés avec un soin tout particulier et la musique de Javier Navarrete est sublime et pas du tout envahissante et ça c'est une qualité inestimable.
Et pour couronner le tout, on a le droit à un cast exceptionnel, tous les seconds rôles sont parfaits, mais deux performances se détachent clairement du reste.
Tout d'abord la jeune Ivana Baquero qui, à 12 ans, livre une préstation bouleversante Elle est impressionnante de maturité tout le long, mais elle sait garder cette étincelle enfantine si particulière qui fait que l'on sent qu'elle y croirait presque vraiment et elle nous fait croire par la même occasion. La scène finale dans le labyrinthe est d'une justesse surnaturelle, à la fois horrible et sublime, elle touche le spectateur au cœur et ancre définitivement le film dans sa mémoire, c'est juste immense.
Mais la grosse claque nous est délivrée par le toujours très bon Sergi Lopez. Il incarne ce personnage de salaud ultime sans jamais tomber dans la caricature, il est violent, odieux, cruel et antipathique au possible, mais il parvient tout de même à être touchant à plusieurs reprises et ça, c'est juste énorme. La séquence durant laquelle il se rase devant le miroir avec la montre de son père à ses côtés et d'une justesse et d'une intensité cataclysmiques, je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler, mais c'est grand.
"Le Labyrinthe de Pan" s'impose donc comme un immense chef-d'œuvre, Gulliermo Del Toro a su allier un fond très intelligent à une forme époustouflante, et il a donné au tout des accents de déclaration d'amour à un cinéma de genre en perdition totale et juste pour cela, son film mérite un respect absolu !!
10/10
Posté le 06.01.2008 par nobodycares
Comme vous l'avez surement constatés, les remake de films d'horreurs des années 70 pullulent sur nos écrans depuis un petit moment et la qualité n'est pas toujours au rendez-vous. Mais, pour plusieurs raisons, cette remise au goût du jour d'un des (du?) classiques du slasher m'intriguait fortement.
Tout d'abord, j'ai déjà eu l'occasion de crier ici tout mon amour pour John Carpenter, "Halloween" est une de ses plus grandes réussites et c'est certainement son film le plus "copié", il n'y a pas UN slasher sorti après "Halloween" qui ne s'en inspire pas ne serait-ce qu'un petit peu.
L'idée de "remaker" ce film fondateur n'était donc pas mauvaise en soi. Mais ce qui me donnait le plus d'espoir, c'est bien entendu la présence de Rob Zombie dans le fauteuil de réalisateur, le célèbre rockeur s'étant en effet brillamment illustré dans l'exercice cinématographique avec son "House Of 1000 Corpses" et surtout avec l'excellent "The Devil's Rejects".
Je partais donc avec un à-priori plutôt positif sur le film et l'idée de se pencher sur la genèse de Michael Myers me paraissait être excellente.
Alors commençons par enfoncer une porte ouverte: le film de Zombie ne peut en aucun cas soutenir la comparaison avec celui de Carpenter. Je ne comparerais donc pas les deux films, cela ne serait pas très intéressant et le remake s'en trouverait grandement handicapé.
La première chose qui saute aux yeux, et qui me fait franchement plaisir je vous l'avoue, c'est que le style Zombie est bel et bien présent. La mise en scène brute de décoffrage et très nerveuse couplée à une violence tant verbale que visuelle sied à merveille au sujet du film.
La deuxième confirmation, c'est que de décrire la "jeunesse" de Myers et d'essayer d'analyser les éléments qui ont contribué à le transformer en monstre dénué de toute émotion est effectivement une très bonne idée. Toute cette première partie est, de loin, ce qu'il y a de plus intéressant dans ce "Halloween" version 2007. La famille dysfonctionnelle, le commencement par le massacre de petits animaux, la fascination pour les masques et bien sûr le fait que la folie meurtrière commence le soir d'halloween, tous ces éléments sont magnifiquement décrits et le jeune Daeg Faerch est franchement exceptionnel dans le rôle de ce jeune Michael Myers.
Son regard vide et d'une froideur à vous faire froid dans le dos contraste magnifiquement avec son visage angélique, et toucher à l'innocence d'un enfant à toujours quelque chose de très dérangeant.
C'est de plus la première fois de toute la saga que l'on voit le visage du tueur, et on ne verra son visage que lorsqu'il est enfant et ça, c'est peut-être la meilleure idée du film. Le spectateur est donc forcé d'associer ce visage de petit blondinet à l'immense masse meurtrière que représente le corps monstrueux de Myers adulte, cela renforce encore l'horreur des actes commis par le mythique tueur masqué.
L'excellence de cette première partie se poursuit jusqu'à l'évasion de Myers, Malcolm McDowell est encore une fois parfait dans le rôle de ce psy qui essaye de comprendre à tout prix le mécanisme de ce cerveau qui ne fonctionne qu'à l'instinct animal.
La fascination de Myers pour les masques est analysée un peu plus en profondeur et Zombie a bien compris que c'est là l'un des aspects les plus importants du personnage.
Si le film avait continué sur cette voie, il aurait put être un grand chef-d'œuvre, une psychanalyse de deux heures aurait eu quelque chose de vraiment fascinant.
Mais cela ne sera malheureusement pas le cas, la dernière heure du film est bien plus calquée sur l'original et le film se transforme en slasher pur et dur.
Et là, Zombie n'a rien de la classer ou de la virtuosité d'un John Carpenter et, même si les scènes chocs sont dans l'ensemble très efficaces, le film perd grandement en intérêt et l'ennui pointerait presque le bout de son nez.
Cela est dû essentiellement à deux choses : le trio de poufiasses est absolument insupportable et le jeu de cache-cache entre Myers et Laurie s'éternise malheureusement un peu trop.
Voilà, ce remake de " Halloween" est donc un bon film sans l'ensemble même si le manque d'originalité et la trop longue durée du carnage final plombe un peu un début vraiment excellent.
Mais Rob Zombie s'en sort plutôt bien et j'ai comme l'impression que l'idée de terminer son film en faisant presque du copier-coller n'était pas entièrement la sienne, cela ressemble fortement à une exigence mal placée des exécutifs du studio, mais je peux très bien me tromper.
Sinon, la musique légendaire de Big John "himself" est toujours aussi efficace et ce remake aura au moins eu la bonne idée de me donner envie de revoir l'original.
7/10
Posté le 12.12.2007 par nobodycares
La sortie toute récente de "We Own The Night" est l'occasion pour moi de faire une petite rétrospective de la carrière peu prolifique mais tout à fait remarquable du réalisateur James Gray.
C'est donc en 1994 que Gray fait une entrée remarquée dans le monde du cinéma avec son excellent "Little Odessa".
Le film raconte l'histoire d'un famille brisée et plus particulièrement de deux frères qui se retrouvent après une longue absence de l'aîné parti de la "little Odessa" dans des circonstances dramatiques.
Un film intimiste, c'est la première chose qui saute aux yeux à la vision du film, Gray filme ses personnages de manière très fluide, mais jamais il ne fait de "tape-à-l'œil", c'est très réaliste, très touchant dans le fond mais aussi très violent par moments.
Et cette "discrétion" de la mise en scène est d'autant plus étonnante et appréciable que c'est un premier film, beaucoup de jeunes réalisateurs ont tendance à vouloir "tout donner" et finissent par en faire trop dans leurs premiers films, mais, à 25 ans seulement, James Gray fait preuve d'une maturité impressionnante et son film respire presque le vécu.
Mais la grande force du réalisateur, et qui transparaît déjà énormément dans ce "Little Odessa", c'est sa direction d'acteurs. Il parvient toujours à tirer le meilleur de ses acteurs et c'est totalement évident quand on voit les performances de TOUS les acteurs de "Little Odessa".
Le duo principal formé de Tim Roth (la même année que "Pulp Fiction" !!!) et Edward Furlong atteint des sommets de justesse. C'est très peu dialogué, mais parfois un silence en dit beaucoup plus qu'un long discours et c'est totalement le cas ici. La relation entre ces deux frères que beaucoup de choses opposent est bouleversante de justesse, Roth est à la fois très touchant et effrayant, il a un charisme fou et il passe des séquences "brutales" aux scènes "tendres" dans aucun accroc, tout simplement parfait. Et Furlong est .... énorme, ce mec est un génie, alors son parcours personnel un peu chaotique a sérieusement freiné sa carrière, mais il transpire le talent et sa performance dans "Little Odessa" en est la parfaite illustration.
Les seconds rôles sont tous excellents avec une Vanessa Redgrave tellement exceptionnelle qu'il est bien difficile de retenir ses larmes dans toutes les scènes où elle apparaît, immense.
Vous ajoutez à cela une partition magnifiquement lyrique et très "religieuse" de Dana Sano et vous obtenez un petit chef-d'œuvre.
Pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître, très remaqué par la critique ce "Little Odessa" est devenu au fil des ans un "classique", mais rien ne nous préparait à la claque immense qui suivrait 6 ans plus tard avec "The Yards" dont je parlerais prochainement.
9/10
Posté le 11.11.2007 par nobodycares
Une fois de temps en temps, on a le droit à un Objet Filmique Non Identifié, ce "Hot Rod" en fait sans aucun doute parti. Il rejoint les "Casablance Driver" et autres "Napoleon Dynamite"dans le panthéon des films devant lesquels on ne cesse de se demander : "Mais qu'est ce que c'est que ce truc de dingue ??!!"
On part pourtant d'un pitch et d'un casting pourtant très "mainstream", mais on se rend très vite compte que l'on est devant un film qui ne ressemble à aucun autre. Une scène d'intro qui nous présente un personnage qui nous est immédiatement sympathique et un gag que l'on sent forcément venir à des kilomètres mais qui fait mouche quand même.
"Hot Rod" c'est donc l'histoire d'un aspirant cascadeur qui rate tout ce qu'il tente, tout le monde se rend bien compte qu'il est mauvais sauf lui et son "crew", et l'on va suivre la préparation d'une des plus grosses cascades de l'histoire.
Voilà, l'histoire est sympa, mais elle n'est pas le coeur du film, c'est plutôt la galerie de personnages tous plus décalés les uns que les autres qui rend le film si attachant.
Parce que si vous êtes fans des personnalités un peu atypiques, ce film est fait pour vous. Du "héros" Rod Kimble qui veut sauver la vie de son beau-père pour le tuer de ses mains (!!) interprété par un Andy Samberg impeccable et absolument irrésistible lorsqu'il s'agit d'être volontairement ridicule, jusqu'au "redneck" violent qui lui sert de "constructeur de rampes", TOUS les ahuris qui hantent ce "Hot Rod" sont aussi fascinants que bizares.
Les acteurs sont tous excellents, on retrouve entre autres Sissy Spacek dans un rôle de mère un peu dépassée par les événements ou encore Will Arnett encore une fois parfait en "golden boy" insupportable, on rigole souvent et on ne s'ennuie jamais.
La seule qui est à peu près "normale" c'est Denise, c'est aussi la moins drôle, ça va de pair, mais son personnage était nécessaire pour permettre au film de respirer un peu durant ses quelques scènes. Isla Fischer est très bien, attachante et finalement très juste, elle de plus tout à fait charmante ce qui ne gâche rien.
La mise en scène d'Akiva Schaffer est tout à fait correcte et même plutôt très bonne quand on sait que c'est son premier film. Il donne à "Hot Rod" une personnalité unique et réalise quelques séquences très bien pensées, notamment une petite parodie de "Footloose" qui m'a faite mourir de rire.
Mais le gros point fort du film c'est peut-être finalement sa bande son, les "tubes" délicieusement années 80 se mêlent avec la partition très réussie de Trevor Rabin et cela termine d'installer cette ambiance si particulière qui fait tout le charme du film.
Au final, je ne sais pas vraiment si "Hot Rod" est un bon film, ce qui est certain c'est qu'il ne plaira sûrement pas à tout le monde, j'y ai pris du plaisir, et finalement c'est tout ce qui compte.
8/10