Films A F
Posté le 25.02.2008 par nobodycares
Trois ans après avoir inauguré la technique de la "Performance capture" dans un très bon "The Polar Express", Robert Zemeckis est de retour, toujours avec la même technologie, mais elle est cette fois-ci au service d'un film barbare… ou presque.
D'un point de vue purement technique, "Beowulf" alterne entre l'exceptionnel et le très moyen, il est incontestable que la "Performance Capture" a encore passé un cap mais elle reste encore très perfectible en ce qui concerne l'animation. Parce que la modélisation des visages et tout simplement hallucinante, certains sont plus réussis que d'autres mais dans l'ensemble c'est quand même une grosse tatane dans la gueule. Anthony Hopkins est presque photoréaliste, c'est bluffant et l'on imagine déjà tout ce que l'on pourra faire quand cette technologie sera pleinement maîtrisée, il suffit de voir le plan final pour s'en convaincre, il devient carrément difficile de séparer le réel du virtuel.
Mais malheureusement l'animation n'est pas encore à la hauteur, on est très loin des productions Pixar ou encore de l'immense "Final Fantasy VII : Advent Children" de ce côté-là. Cela manque parfois de fluidité et tous les petits détails, comme l'eau ou les effets de particules, sont encore à des années lumières de ce que l'on a pu voir récemment dans "Ratatouille". Mais c'est pardonnable, la technologie n'en est qu'à ses débuts et l'on sent un potentiel gigantesque, et si l'on écoute des réalisateurs comme Spielberg, Cameron, Jackson, Deltoro ou Zemeckis lui-même, c'est clairement dans cette "Performance capture" que réside l'avenir du cinéma.
Passons maintenant aux choses qui fâchent, parce que c'est bien beau toutes ces prouesses techniques mais ça n'a jamais fait un film, et c'est bien là le problème de ce "Beowulf", c'est beau, mais c'est presque vide.
Le scénario, pourtant signé par Roger Avary et Neil Gaiman qui sont deux grands scénaristes, est famélique, l'histoire aurait très bien pue rentrer dans 45 minutes si l'on avait retiré tout ce qui est inutile.
Cela se résume à deux grands combats avec beaucoup de bla-bla entre les deux, c'est très peu pour un film approche les deux heures. Et puis cette immense ellipse est très mal amenée, on saute 30 ans sans savoir pourquoi, on nous explique rien, et c'est la fin, pas très captivant.
Et il en va un peu de même pour la mise en scène de Zemeckis qui, si elle reste toujours aussi maîtrisée, fait beaucoup de bruit pour rien. Parce que oui il se sert parfaitement des possibilités infinies offertes par le support mais on se demande encore quel est le but de tout cela, l'esbroufe pour l'esbroufe, ça va bien cinq minutes, mais ça devient vite lassant et ce ne sont pas tous ces plans "impossibles" qui vont nous faire oublier la pauvreté du scénario.
Par contre il n'y a vraiment rien à redire en ce qui concerne les acteurs, le casting est des plus prestigieux et il n'y a vraiment pas de fausse note à l'exception peut-être du "I AAAMM BBBEEEOOOWWWUUUUULLLLFFF !!!!!" qui m'a un peu trop rappelé un film avec des barbus en slibard. Mais retrouver Anthony Hopkins, Ray Winstone, Robin Wright Penn, John Malkovich, Angelina Jolie et même Crispin Glover dans le même film, ça force un peu le respect.
Enfin la musique de Silvestri est encore une fois parfaite, mais ça c'est presque une habitude !
Au final, force est de constater que "Beowulf" n'est pas un bon film, c'est même peut-être un des plus faibles de Zemeckis, mais il en ressort tout de même quelques moments brutaux comme on aimerait en voir plus souvent dans l'animation américaine, c'est très peu, mais c'est déjà pas mal.
Et puis s'il reste techniquement ce que la "Performance capture" nous a offert de plus impressionnant, on reste encore très loin de "The Polar Express" et encore plus de "Monster House" cinématographiquement parlant, c'est dommage.
4/10
Posté le 24.02.2008 par nobodycares
Trois ans après l'exécrable "The Last Samuraï", Edward Zwick nous livrait ce "Blood Diamond", je ne l'avais pas encore vu et je me demande pourquoi je l'ai regardé, je dois être masochiste en fait !
Je n'ai même pas envie d'écrire une longue tirade, c'est complètement nul, c'est à peu près tout ce qu'il y a à retenir.
Pourtant le trafic de diamants en Afrique et toute la violence qui va avec était un sujet potentiellement très intéressant, mais non, c'est juste pathétique.
Une succession de leçons de morales puantes entremêlées avec des scènes d'action d'un mauvais goût extrême vu le sujet, et dans ce bourbier gravitent des personnages archétypaux qui débittent des dialogues tellement stéréotypés que ça devient très vite insupportable.
On n'apprend rien, c'est limite si on ne nous accuse pas d'être complices, c'est ridicule.
Et puis la mise en scène de Zwick est tellement plate que ça n'arrange certainement pas les choses.
Quelques jolis plans subsistent, c'est déjà ça...
Et en plus de nous faire la morale, on nous ressort des "séquences émotions" horribles de prévisibilité, on s'attend presque à voir un panneau apparaître à l'écran avec "MAINTENANT IL FAUT PLEURER." écrit dessus, franchement insupportable.
Sinon les acteurs sont fades, Dicaprio n'est pas crédible une seule seconde, même Jennifer Connelly, d'ordinaire excellente, est transparente. Seul Djimon Hounsou sort son épingle du jeu, mais son personnage est tellement "lisse" qu'on s'en fout un peu.
Et la musique, affreuse, je n'ai pas d'autre mot.
Voilà, le pire, c'est que ça dure quand même 2h30, si vous avez un minimum d'exigences sur un sujet aussi compliqué, passez votre chemin !
2/10
Posté le 22.02.2008 par nobodycares
Le film est tiré du livre de Mariane Pearl, la femme de Daniel Pearl, journaliste américain et juif qui fut sauvagement assassiné par des terroristes au Pakistan. "A Mighty Heart" retrace l'enquête qui aboutira à la découverte du corps et se focalise en particulier sur les réactions de Mariane.
Voilà, c'est donc un sujet en rapport direct avec son magnifique "The Road To Guantanamo" que Michael Winterbottom a choisi pour son dernier film en date.
Alors autant le dire franchement, j'avais un gros a priori négatif sur "A Mighty Heart", tout d'abord parce que ça sentait le gros mélodrame ultra-patriotique et manichéen à des kilomètres, et ensuite parce que le choix d'Angelina Jolie pour le rôle de Mariane Pearl ne me paraissait pas très judicieux, j'ai beaucoup de respect pour elle, mais franchement elle est loin d'être une grande actrice et je ne la sentais pas capable d'endosser un rôle aussi délicat.
Et bien pour couper court au suspense, je dois bien reconnaître que j'avais tort sur ces deux points, le film n'est absolument pas un mélodrame et la miss Jolie est bluffante dans le rôle de Mariane Pearl, "A Mighty Heart" fut donc une agréable surprise.
L'angle choisit pour aborder le sujet est plus celui du faux documentaire, Michael Winterbottom avait déjà mélangé la fiction et le documentaire dans son "The Road To Guantamo" et, cette fois ci, il met son film en scène comme si c'était une reconstitution des faits.
On se concentre principalement sur l'enquête et "A Mighty Heart" prend, à plusieurs reprises, des airs de thriller, le suspense est présent même si l'on connaît la fin et on ne s'ennuie pas une seule seconde.
Le deuxième point fort c'est bien sur l'absence totale de manichéisme et même de point de vu politique, comme je le disais plus haut, Winterbottom se contente d'exposer des faits, il ne porte aucun jugement de valeur et n'accentue jamais la réalité, il ne tombe pas dans le piège facile du racolage qui est pourtant l'apanage des films du genre et son film en sort grandi.
Le seul reproche que l'on pourrait faire à "A Mighty Heart" va de pair avec sa plus grande qualité que je viens d'exposer, le film se contentant d'être une succession de faits, il ne propose aucune réflexion sur un sujet qui mériterait pourtant d'être longuement creusé, mais c'est clairement un parti pris, c'est l'histoire d'un petit groupe de personnes et pas du conflit global.
L'aspect documentaire est encore renforcé par une galerie d'acteurs tous plus parfaits les uns que les autres, tout le monde se focalisera sur prestation d'Angelina Jolie, mais il ne faut pas occulter le fait qu'elle est entourée d'un cast excellent à tous les niveaux. Les acteurs "secondaires", donc beaucoup ne s'expriment pas en Anglais, sont d'un réalisme qui sert magnifiquement le film, à aucun moment ça ne sonne faux et on se passionne d'autant plus pour l'histoire qu'on ne se sent jamais dans une fiction, c'est vraiment une excellente surprise de ce côté-là.
Et puis il y a Angelina Jolie, et là, je dois bien avouer que j'ai été bluffé, elle est parfaite, elle n'en fait pas trop, son accent français ne fait pas forcé et l'on sent qu'elle s'est vraiment investie dans le rôle et qu'elle a un véritable respect pour le texte et, par conséquent, pour Mariane Pearl.C'est ce loin la meilleure performance de sa carrière, pas de doutes là-dessus.
Finalement, seule la scène de l'annonce de la mort de Danny fait un peu tâche, on tombe un peu trop dans le larmoyant à mon goût, mais cela ne représente qu'un court instant du film et c'était assez inévitable quand on y réfléchit bien..
"A Might Heart" est donc une très bonne surprise, un sujet difficile mis en scène avec classe et en évitant tout sensationnalisme, servit par des acteurs excellents et qui ne trahit jamais l'idéologie de Mariane Pearl, un très bon film.
8/10
Posté le 15.02.2008 par nobodycares
Ah la comédie musicale, genre qui a donné au septième art quelques-uns de ces moments les plus jouissifs, mais qui peut aussi bien être casse-gueule. Quand en plus on choisit de transposer 31 chansons d'un petit groupe appelé les Beatles, il faut absolument s'appliquer sous peine de se faire lyncher par une horde de fanatiques enragés.
"Across The Universe" c'est donc le troisième film de l'intéressante Julie Taymor après les sympathiques "Titus" et "Frida", elle choisit donc de nous raconter cette histoire d'amour entre un jeune anglais qui découvre le pays de l'oncle Sam et une petite bourgeoise qui découvre les joies du militantisme, le tout sur fond de 60's et donc de guerre du vietnam et en utilisant les paroles de 31 chansons des Beatles comme principale trame narrative.
C'était risqué, mais ça avait au moins le mérite de susciter la curiosité, et les premières chansons du film ne m'ont pas tellement rassuré, on le droit à deux ou trois chansons pour lesquelles les acteurs sont simplement filmés en train de chanter, c'est visuellement pas très intéressant et surtout un peu ennuyeux. C'est alors que survient la fantastique "I Want To Hold You Hand" qui est esthétiquement très intéressante, la mise en scène commence doucement à se lâcher et l'on aime ça, mais ce qui est surtout très fort, c'est d'avoir transformé la chanson en hymne lesbien, je commençais à y croire.
Puis vient un "With A Little Help From My Friends" qui part dans tous les sens et qui sent bon les classiques des années 50/60, de multiples figurants, des numéros de danse jouissifs et une mise en scène dynamique qui met le sourire aux lèvres.
Mais c'est "I've Just Seen A Face" qui m'a définitivement conquis, la bonne humeur qui se dégage du numéro et les multiples idées visuelles font qu'il est impossible de résister. Et à partir de là, c'est que du bonheur, les montagnes russes émotionnelles, on rit, on pleure, on est trimballé dans tous les sens par la mise en scène toujours inventive de Julie Taynor, c'est énorme.
Et l'immense coup de génie, c'est bien entendu l'utilisation de ces chansons que tout le monde connaît sur le bout des doigts mais qui trouvent de nouvelles significations dans le film, on chantonne avec les acteurs alors que c'est la première fois que l'on voit le film et ça lui donne un côté immensément attachant. On pleure en réentendant un "Let It Be" que l'on pensait connaître par cœur, on est ébloui par la virtuosité de la séquence "Strawberry Fields Forever" et on sourit devant le "Dear Prudence" qui devient une invitation au "coming out" de cette Prudence qui est "trapped in the closet", c'est génial.
Les acteurs sont tous parfaits, les scène "classiques" sont très bien interprétées et font magnifiquement le lien entre les morceaux, mais ce qui force le respect, c'est que toutes les chansons du film sont chantés par ces mêmes acteurs, franchement je dis bravo.
Et pour couronner le tout, on a le droit à une pléiade de guest star comme Jœ Cocker qui reprend "Come Together" ou encore Eddie Izzard en gourou psychédélique et même Bono dans un rôle plus conséquent ou Salma Hayek dans une courte séquence qui restera dans toutes les mémoires.
"Across The Universe" est donc une immense réussite, une magnifique peinture de cette période si spéciale de l'histoire et qui nous fait redécouvrir des chansons dont on n'attendait plus aucune surprise, c'est jousissif.
Et puis cette mise en scène bourrées de bonnes idées, d'une sincérité absolue et surtout sans aucune retenue fait qu'il est pratiquement impossible de ne pas se laisser porter par le film, en fait pour faire un bon film: "All You Need Is Love" !!
10/10, j'suis obligé !!
P.S: Le générique de fin sur "Lucy In The Sky With Diamonds" est génial !!
Posté le 08.02.2008 par nobodycares
Dialogue entre le petit Kubrick sur mon épaule gauche et le petit McG sur mon épaule droite:
K: Non mais qu'est ce que c'est que cette histoire de merde, ils changent de visages et puis quoi encore !!
M: Ne l'écoute pas, t'as vu la scène d'intro HEIN ????!!!! Tu l'as VU ?????!!!!!!
K: Un peu de sérieux merde, Nicolas Cage qui fait les gros yeux en gesticulant et en beuglant comme un boeuf, c'est pas crédible une seule seconde !!
M: On s'en fout de la crédibilité putain, matte le gunfight de dingue dans la prison, c'est pas de la tarte dans ta gueule ça ????!!!!
K: Attends, le docteur lui dit qu'un éternuement un peu trop fort pourrait dérégler son "changeur de voix" et après pendant tout le film il se fait tabasser la gueule, il saute du haut d'un immeuble, il fait des bonds toutes les 5 secondes et même des poursuites en horsbrod sans que ça ne fasse quoi que ce soit au fameux "changeur de voix", si ça c'est pas du foutage de gueule ...
M: Ouais mais de toute façon ya le gunfight dans l'église, ça poutre sa reum !!!! C'est tout !!!!
Voilà, je préfère "A Toute Epreuve" à "Face/Off" parce que l'histoire (tout aussi débile) y prend beaucoup moins de place mais "Face/Off" ça poutre quand même pas mal, ne boudons pas notre plaisir.
7,5/10
Posté le 30.01.2008 par nobodycares
Un film de David Cronenberg, c'est toujours une expérience particulière.
Le génie canadien qui fut un temps la coqueluche de tous les cinéphiles du monde est, depuis "Spider" voir même "eXistenZ", quelque peu boudé par une partie de son public.
Ce "rejet" est devenu complètement évident il y a deux ans pour la sortie de "A History Of Violence", certains reprochent à Cronenberg d'avoir renié le cinéma de genre pour livrer un film "auteurisant". Alors premièrement je n'aime pas cette petite guerre des clans entre les "genreux" et les "auteureux", peu importe l'approche pourvue que ce soit bien fait. Et puis je ne fais absolument pas partie des fans déçus, "A History Of Violence" est pour moi un immense chef-d'œuvre et, même s'il est "déguisé" en film plus simple et moins fou que ce que le réalisateur a l'habitude de nous offrir, je le considère comme un pur film "Cronenbergien", les obsessions du réalisateur y sont plus que jamais présentes et la réflexion qu'il propose est des plus passionnantes si on fait un minimum d'efforts pour passer outre l'apparente simplicité du film.
Et bien ce "Eastern Promises" suit le même schéma que "A History Of Violence", car derrière ce scénario tout simple se cache une œuvre forte, un vrai film de Cronenberg et un putain de chef-d'œuvre, Amen !!
La trame scénaristique du film est très simple, une sage-femme d'un hôpital londonien accouche une adolescente russe qui décède pendant l'accouchement, le bébé ayant survécu, cette jeune sage-femme va donc tenter de faire traduire le journal intime de la défunte mère pour retrouver la famille de l'enfant, et cela va l'emmener dans l'univers très sombre de la mafia russe.
L'histoire est donc très "bateau" et même déjà-vu, mais Cronenberg se l'approprie totalement et y inclut toutes ses obsessions, de sa fascination pour le corps à sa constante interrogation sur la violence sous toutes ses formes, il nous livre une œuvre dense, complexe et surtout un des personnages les plus charismatiques de tous les temps : le génial Nikolai !!
Alors je ne vais pas me lancer dans l'analyse filmique ou thématique de "Eastern Promises", c'est suffisamment clair pour quiconque s'est un jour intéressé à Cronenberg, mais il fallait le souligner parce que c'est tout simplement génial d'avoir réussi à faire, coup sur coup, deux films plus "grand public" en ne faisant aucun compromis intellectuel, il satisfait tout le monde, du studio qui produit le film au fan "hardcore" en passant par le spectateur lambda qui s'arrêtera à l'histoire sans chercher à aller plus loin, c'est juste immense !!
Et en plus d'être un film passionnant et profond, "Eastern Promises" est la nouvelle confirmation que Cronenberg est un des plus grands metteurs en scène encore en activité.
Son film est parfait, dans tous les domaines, pas un plan trop long, pas un mouvement qui fait tache, pas un cadrage foireux, pas une caméra mal placée, c'est la perfection cinématographique de tous les instants, et s'il y a bien une chose sur laquelle il est irréprochable c'est bien celle-ci.
La scène qui illustre le mieux tout le génie de la mise en scène de Cronenberg est peut-être la scène de sexe, en une fraction de seconde, il fait passer le même personnage interprété par la même actrice d'une blondasse traitée comme un morceau de barbaque et donc totalement désincarnée à une femme brisée et magnifique dans sa souffrance, c'est du très grand cinéma, j'en avais les larmes aux yeux.
Et la direction artistique n'est pas en reste, Cronenberg sait tirer le maximum de ses acteurs et c'est encore une fois totalement le cas ici, à commencer par le plus évident de tous : Vincent Cassel.
L'acteur français est très souvent médiocre et outrancier dans ses interprétations et cela le réalisateur canadien l'a bien compris, il lui offre un rôle taillé sur mesure, rôle pour lequel le cabotinage était absolument nécessaire, et il obtient la meilleure performance de la carrière de Cassel, énorme de bout en bout.
Armin Mueller-Stahl est juste parfait en parrain de la mafia, on ne le voit jamais faire quoi que ce soit de menaçant ou même d'impressionnant durant tout le film mais son charisme transparaît dans tous les plans et son personnage est sans aucun doute le plus effrayant du film, énorme !!
Mais la grosse grosse (grosse grossse grosse) claque nous vient de Viggo Mortensen. Bon bah là j'ai même plus de mots pour expliquer, c'est phénoménal, le mec s'est transformé physiquement, il a pris un accent russe parfait et il a une présence et un charisme surnaturels !!! Et puis c'est quand même la grande classe quoi, le personnage calme et posé mais capable des pires excès de violence dont l'illustration parfaite est la scène de combat dans l'hammam qui renvoie immédiatement les James Bond et autres Jason Bourne à leur place : au bac à sable. Chez Cronenberg quand ça se bat on le ressent dans chacun des plans, ça cogne dure, ça cogne fort, et chacun des coups a de vraies conséquences, de la brutalité réaliste à l'état pur !!
Naomi Watts est tout aussi parfaite, mais son personnage est beaucoup moins intéressant que les autres et ce n'est donc qu'un rôle anecdotique dans sa magnifique carrière mais c'est bien là la marque des grands acteurs : être excellent même quand le rôle est insignifiant.
Le tout est magnifiquement ponctué par une partition splendide d'un Howard Shore des grands jours, le thème principal étant particulièrement réussi.
Voilà, Cronenberg ne cesse de me surprendre à chacun de ses films, il ne m'a jamais déçu et, à bientôt 65 ans, il reste un des réalisateurs les plus modernes et les plus passionnants qui soient.
"Eastern Promises" est à l'image de son dernier plan : magistral !!
10/10
Posté le 26.01.2008 par nobodycares
J'ai enfin pu jeter un coup d'œil sur ce "Dog Bite Dog" que l'on nous vendait un peu partout comme le film du renouveau pour le cinéma Hong-Kongais. Et la première chose qu'il faut dire, c'est qu'il ne faut surtout pas se fier à la jaquette "pour djeuns" de l'édition sortie chez TF1 vidéo, "Dog Bite Dog" n'est pas un film "fun", c'est un film noir, très noir même et par moments d'un nihilisme à vous faire manquer d'air.
L'histoire voit se croiser un jeune tueur plus proche de l'animal que de l'être humain qui fut élevé dans un camp où les enfants sont forcés de combattre pour survivre et un jeune flic fougueux qui a un réel problème avec l'autorité et qui va faire de l'arrestation de ce tueur sa priorité absolue.
Un traqueur, un traqué, c'est du déjà mille fois, mais c'est traité avec suffisamment de fraîcheur et d'originalité pour être passionnant. Les personnages sont très intenses et la violence tant graphique que psychologique est parfois à la limite du supportable.
Mais l'aspect le plus intéressant de "Dog Bite Dog" n'est, à mes yeux, pas cette "chasse à l'homme", ce qui m'a vraiment étonné, c'est l'intelligence avec laquelle le personnage du flic est traité. Son passé, au début obscur et de plus en plus clair au fur et à mesure que le film avance, fait que l'on commence petit à petit à comprendre et donc à aimer un personnage qui semblait au demeurant assez antipathique. L'histoire familiale a quelque chose de très touchant et la meilleure scène du film est sans aucun doute celle du climax de cette storyline, le père qui avoue et le fils qui craque au même moment, c'est bouleversant.
La mise en scène de Pou-Soi Cheang est très nerveuse et dynamique, dans la plus pure tradition du cinéma HK, et ça, ça fait franchement plaisir. Ses mouvements de caméra sont rapides mais toujours limpides lors des séquences d'action, et quand c'est du dialogue, il filme ses personnages au plus près ce qui renforce encore ce sentiment de claustrophobie étouffante qui se dégage de son film, c'est vraiment une excellente surprise de ce côté-là.
Les acteurs sont très bons dans l'ensemble, même si les personnages secondaires ne sont là QUE pour jouer les faire-valoir pour notre duo principal, en particulier la charmante Weiying Pei qui est présente dans beaucoup de scènes mais qui n'est là que pour faire le boulet de service, c'est dommage.
Mais les deux acteurs principaux sont excellents et, finalement, c'est tout ce qui compte. Edison Chen est étonnant de bestialité, mais il arrive tout de même à rendre son personnage sympathique au détour de quelques scènes très tendres qui permettent au film de respirer. La grosse claque nous vient de la performance de Sam Lee, exceptionnel, tout simplement. Comme je le disais plus haut, il commence comme un personnage détestable pour finir par susciter une empathie infinie chez le spectateur, une préstation pleine de justesse et d'intelligence, chapeau bas !
Et si le film s'arrêtait après 1h15, il serait très proche d'être un grand chef-d'œuvre, seulement voilà, il y a cette dernière demi-heure, et là c'est la quatrième dimension, à croire qu'un autre réalisateur à prit les commandes pour nous livrer un grand moment de débilité.
Pang s'enfuit avec Yue et c'est un nouveau film qui commence, un très très mauvais film. On a d'abord le droit à une chanson en Anglais digne de Celine Dion qui nous répète sans cesse "There is hope !!!!" et on se demande ce qui se passe tellement c'est dégoulinant de niaiserie. Puis on a le droit à un petit montage façon "La petite maison dans la prairie" dans lequel le tueur hystérique que l'on a suivi dans la première parti du film et sa dulcinée se font des bisous, mangent des pommes et se préparent à élever un enfant parce qu'elle est en cloque. Mais le sommet du ridicule, c'est bien le sort réservé au personnage du flic dont je vous chantais les louanges un peu plus haut, alors je n'en dis pas plus pour ne pas "spoiler" mais c'est du foutage de gueule total, vraiment du grand n'importe quoi, à vomir tellement c'est débile. Et puis la césarienne, je n'en parle même pas, on dirait du "Kung Pow" tellement c'est ridicule !!!
"Dog bite Dog" est donc un excellent film, noir, violent, avec une mise en scène stylisée mais au service d'une histoire passionnante et de personnages très intéressants si l'on s'en tient à cette première heure et quart, et puis ça devient une parodie complètement débile dans la dernière demi-heure, je ne comprends franchement pas ce qu'il s'est passé ...
8,5/10 jusqu'à la fuite de Pang, 0,5/10 pour tout ce qui suit ...
Posté le 25.01.2008 par nobodycares
La sortie de ce "Final Cut", qui est finalement plus une "final version", est le moment rêvé pour aborder le cas d'un des films les plus indispensables de l'histoire du cinéma : "Blade Runner".
Alors la pauvreté de ma plume ne fera jamais honneur à ce chef-d'œuvre indispensable et je ne tenterais donc pas de vous faire l'éloge d'un film que vous connaissez certainement tous par cœur.
Sachez simplement que je place le film dans le trio indétrônable de la science-fiction aux côtés de "2001 : A Space Odyssey" de Stanley Kubrick et de "Metropolis" de Fritz Lang, tout est dit !
C'est proche de la perfection, les acteurs, le scénario, le mélange entre le polar noir et la S.F., la mise en scène de Ridley Scott, la photographie sublime de Jordan Cronenweth, l'intelligence de l'œuvre et la richesse infinie des réflexions qu'elle engendre et bien entendu la musique inoubliable de Vangelis font de "Blade Runner" une œuvre indispensable qu'il faut impérativement voir au moins une fois dans sa vie.
Ce "Final Cut" est en fait plus la finalisation du "Director's Cut" sorti en 1992. Il y a très peu de changements notables au niveau du montage, c'est plus du côté de la remasterisation du son et de l'image que la différence se fait clairement ressentir. À commencer par la photographie qui diffère radicalement de toutes les versions que l'on avait vu jusqu'à maintenant, les tons chauds et charnels laissent place à des teintes bleutées, Scott et Cronenweth sont d'accord tous les deux pour dire que c'est bien ces teintes plus froides qui étaient voulues dès le départ. Ce changement radical de la plastique du film divisera certainement les fans du film, pour ma part j'ai trouvé cela tout à fait réussi et cela ne m'a pas gêné du tout, mais comme tous les partis pris artistiques, c'est une question de sensibilité, à chacun de se faire son idée en visionnant ce "Final Cut".
Par contre, le remixage sonore mettra tout le monde d'accord: c'est de la tuerie !!! Mon caisson de basse en tremble encore, jamais on n'avait autant "ressenti" le moindre effet sonore de ce chef-d'œuvre. La musique sublimissime de Vangelis est magnifiquement mise en valeur et l'on ressort de la séance en ayant l'impression d'avoir redécouvert un film que l'on pensait connaître par cœur.
Et puis je l'ai vu en Blu-Ray, et franchement à aucun moment on ne se doute que le film a 25 ans, c'est époustouflant de bout en bout, vraiment une énorme claque de ce côté-là.
Voilà, une fois n'est pas coutume, je vous ai pondu un article plus technique qu'artistique, pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur ce chef-d'œuvre, je vous renvoie vers le magnifique dossier publié par Thomas Douineau sur Ecranlarge, il est complet, passionnant et surtout bien mieux écrit que mes pauvres petits billets :
http://www.ecranlarge.com/article-details_c-dossier-39.php
Sinon le film c'est 10/10, mais ça c'est une évidence !!
Posté le 11.01.2008 par nobodycares
Film étrange que cet "Alpha Dog", il va être très dur d'expliquer avec des mots ce que m'a fait ressentir le film, mais je vais quand même essayer, on ne sait jamais.
Je ne peux pas vraiment affirmer que j'ai trouvé le film mauvais mais ce qui est certain, c'est que je ne l'ai pas trouvé bon.
C'est très bizarre comme sensation, je comprends parfaitement pourquoi "Alpha Dog" aurait put être un film très intéressant, ce "faux crime" commis par des "pseudos gangsters" qui tourne affreusement mal a quelque chose de tragique et de fascinant, le problème, c'est que le traitement qui en est fait est raté si l'on veut être gentil ou complètement débile si on le voit de mon point de vue.
C'est en tout cas une nouvelle preuve que les films "tirés de faits réels" ne sont pas toujours les meilleurs, même si, comme je le disais plus haut, il y avait ici matière à offrir une réflexion intéressante sur cette bourgeoisie du crime, ces jeunes branleurs en quête de sensations fortes qui, à force de se prendre pour Tony Montana, vont très vite s'apercevoir qu'être un gangster n'a pas que des bons côtés.
Mais en lieu et place de cette réflexion, on le droit à un film qui se déroule en intégralité (ou presque) sur un faux rythme et à des personnages pratiquement tous insupportables.
Des jeunes tout juste pubères un peu néo-nazis sur les bords qui s'expriment à coups de "fuck" et de "bitch" en fumant des spliffs et en écoutant du rap us ou du r'n'b bien dégoulinant, voilà la galerie que l'on nous propose, ça va bien cinq minutes, mais cela devient très vite lassant.
Pour ce qui est de la gent féminine c'est exactement le même constat, des poufiasses à voix de crécelles complètement connes et tellement persuadées de leur "sex-appeal" qu'elles en deviennent très vite absolument inintéressantes.
Les jeunes acteurs et actrices qui "jouent" dans le film sont dans l'ensemble plutôt médiocres, voir carrément catastrophique pour ce qui est de Ben Foster. Alors lui je ne sais pas ce qui lui a pris mais il est clair qu'il ne joue pas dans le même film que les autres, il crie, il gesticule dans tous les sens, il bave, il crache sa hargne et sa rage alors que pendant ce temps-là les autres font la fête et se roulent des pelles, c'est vraiment très bizarre.
Même Bruce Willis est fade et Sharon Stone plus ridicule qu'autre chose, mais pour elle on savait que s'il n'y a pas un grand directeur d'acteur derrière, ça ne sert à rien d'espérer.
Seuls deux acteurs sortent du lot, tout d'abord Anton Yelchin très touchant et finalement beaucoup plus juste que les autres. Il est même excellent dans le rôle de cet "otage" de circonstances, personnage central du film et pourtant totalement sous-exploité, un comble.
Le second acteur qui sort du lot c'est, à ma grande surprise, Justin Timberlake. Je suis loin d'être fan de sa musique, mais force est de constater qu'il s'en sort très bien devant une caméra. Il est juste la plupart du temps et surtout je trouve qu'il ne tombe jamais dans la caricature, contrairement au reste de ses camarades. La séquence finale, même si elle est moche, est franchement touchante et toutes les interactions entre Timbelake et Yelchin sont, pour moi, tout ce qu'il y a à sauver du film.
La mise en scène est correcte dans l'ensemble, mais, là aussi, il y a parfois quelques effets dont on se demande encore ce qu'ils foutent là. Je pense notamment aux splits-screen qui ne servent STRICTEMENT à rien, alors je sais que ça fait "cool" d'utiliser cet effet redevenu très à la mode depuis que la série "24" l'a remis au goût du jour, mais il faut que cela se justifie en termes de mise en scène et ce n'est jamais le cas ici.
Au final, "Alpha Dog" est un film étrange et raté, mais paradoxalement pas ennuyeux, on cherche encore la raison d'être du film, je suis peut-être passé complètement à côté, mais je ne comprends vraiment pas cette structure et le traitement de cette histoire pourtant potentiellement intéressante. Cela se résume à quatre actes : dans le premier on fait la fête avec des "bitches" en étant content, dans le second on fait la fête avec des "bitches" et un "otage" en étant toujours content, dans le troisième on fait toujours la fête avec des "bitches" et un "otage" mais l'on commence franchement à flipper et dans le quatrième c'est le drame et ses conséquences.
Alors je comprends parfaitement pourquoi cette histoire est intéressante d'un point de vue sociologique ou même humain, mais il aurait fallu rendre le tout cinématographiquement intéressant, les bonnes histoires ne faisant pas toujours de bons films.
3,5/10 mais je le reverrais sûrement pour voir si je rentre plus dedans durant la seconde vision.
Posté le 07.01.2008 par nobodycares
Près de cinq ans après son annulation (injuste et stupide), la deuxième grande série animée de Matt Groening est de retour sous la forme de quatre téléfilms et franchement, ça fait vraiment plaisir.
Dans ce "Bender's Big Score" on retrouve donc tous les personnages qui nous manquaient tant, la recette est toujours la même, l'humour est toujours aussi efficace et les histoires de paradoxes temporels qu'engendre ce premier téléfilm sont dignes des meilleurs épisodes de la série.
Alors je ne vais pas m'étendre des heures sur le sujet, ça ne servirait à rien, sachez simplement que si vous êtes fan de "Futurama", l'esprit qui a fait le succès de la série est toujours présent et l'on a même le droit à quelques pics envoyés à la Fox en début d'épisode.
Voilà, vive "Futurama" et vif Matt Groening, Amen !!
10/10
"011001101101010110101010110101110100111010111011010110101" Bender