Films A F
Posté le 05.01.2008 par nobodycares
"Dude Where's My Car?" est un film culte, mais un VRAI film culte, pas dans le sens galvaudé et utilisé toutes les cinq minutes pour tout et n'importe quoi.
Les gens, dont je fais partie, qui aiment ce film lui vouent un véritable culte. C'est le genre de film dont on peut citer les dialogues sans arrêt, et c'est toujours drôle, même hors contexte.
Alors ok c'est n'importe quoi, ok le scénario tient sur un ticket de métro, mais franchement on s'en fout un peu, c'est un bon gros délire, hilarant et sans aucune prise de tête, le remède idéal contre le cafard que j'vous dit.
Deux jeunes "drogués" se réveillent le lendemain de la beuverie du siècle, le seul hic, c'est qu'ils ont tout oublié, mais quand je dis tout c'est tout, jusqu'à l'emplacement de leur voiture, d'où le titre : "Dude, Where's My Car?".
A partir de ce pitch absolument génial (si si, j'vous jure), nos deux zigotos vont tenter de retracer leurs pas de la veille, ce qui va les emmener dans une aventure totalement surréaliste et donc tout à fait jouissive pour le spectateur.
Ashton Kutcher et Sean William Scott sont parfaits dans les deux rôles principaux, ils entrent sans aucune difficulté (qui a dit ça sent le vécu ??!!) dans la peau de ces deux nerds un peu abrutis mais infiniment attachants. Ils sont tellement parfaits qu'il devient difficile de ne pas se marrer dès qu'on les voit dans un autre film, ce sont les rôles d'une carrière, tout simplement.
Alors je ne vais pas vous faire un résumer des situations toutes plus insolites les unes que les autres ou des dialogues pratiquement tous automatiquement cultes, mais sachez que si vous aimez les comédies qui ne se prennent pas une seconde au sérieux, ce film est fait pour vous.
Et pour couronner le tout, on a le droit à un festival de bombasses, que demande le peuple ??!!!
Pour conclure je ne dirais qu'une chose: Dude, this movie is sweeeeeeeeet ...... look dude, it's a lama ......
10/10
"Tout" Tout le monde
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Posté le 19.12.2007 par nobodycares
C'est comme un clip de Linkin Park sauf que ça dure une heure et demie, c'est dire si c'est mauvais !
À côté Michael Bay c'est Antonioni et "Domino" c'est une pub Air France.
Attention ne vous méprenez pas, je n'ai rien contre le film, je suis même assez admiratif en fait, pour arriver à un tel niveau de vide, il faut forcément un peu de génie.
Franchement si "Crank" ne gagne pas au moins une quinzaine d' NRJ movie awards je ne comprends plus rien.
Bon, moi je vais vomir ...
1/10 pour Amy Smart
Posté le 02.12.2007 par nobodycares
C'est le film réalisé par Thomas Bangalter et Guy-Emmanuel De Homen-Christo alias les "Daft Punk". Sorti de cela, je ne vois pas grand-chose d'autre de constructif à dire se "Electroma", le film fait partie de ceux sur lesquels il est très difficile de converser.
Un trip, voilà ce qui résume le mieux "Electroma", deux robots qui conduisent, marchent dans une ville remplie de leurs semblables, tentent de se transformer en humains pour se rendre très vite compte que ce n'est qu'illusoire, puis une dernière partie dans le désert très "traumatique", le tout en un peu plus d'une heure et sans aucun dialogue.
Même avec ce petit résumé, il est très difficile de se faire une idée, il faut le voir, enfin quand je dis qu'il faut le voir c'est bien entendu pour les plus curieux d'entre-vous, parce qu'il est clair que 95 % des gens trouveront cela très ennuyeux et peut-être même prétentieux. Et on ne pourra certainement pas leur donner tort, le film étant tellement "bizarre" qu'il n'est même pas possible de poser un regard ne serait-ce qu'un minimum objectif dessus.
Ce que l'on peut dire c'est que les images sont très belles, la mise en scène des deux compères est très épurée tout en étant très stylisée, la bande-son n'est pas signée par le groupe mais est excellente et très éclectique, on passe de Curtis Mayfield à Brian Eno en passant par Chopin ou Haydn et les mélodies se marient parfaitement avec les images, et enfin la photographie de Bangalter est splendide, le générique de fin avec ce robot qui se consume est d'une beauté plastique saisissante.
Voilà, je ne permettrais pas noter "Electroma", je ne sais même pas si j'ai aimé ou pas, mais je l'ai vu, une chose est sûre, après tant d'années, les Daft Punk parviennent toujours à me surprendre et ça c'est une très bonne chose.
Posté le 19.11.2007 par nobodycares
Quand Ridley Scott, qu'on ne présente plus, choisit pour son nouveau film de s'attaquer à la mythologie du gangster américain, cela a au moins le mérite d'éveiller la curiosité. On savait le bonhomme touche-à-tout, mais ses diverses incursions dans beaucoup de genres n'ont pas toujours été très heureuses, cela peut donner les gros chefs d'oeuvres que l'on connaît tous par coeur ("Alien", "Blade Runner" ...) mais il nous sert quelque fois de bonnes grosses daubes dont la plus célèbre est certainement "G.I Jane". On était donc curieux de voir comment le père Scott allait se débrouiller dans le monde maintes et maintes fois abordé des gangsters.
Et bien c'est plutôt bon, bien épaulé par un casting trois étoiles, le réalisateur nous offre un bon gros pavé de presque trois heures qui passe très vite, on ne s'ennuie pas et c'est finalement là le principal. Car si "American Gangster" est un bon film, à aucun moment on ne reconnaît la "patte" de Ridley Scott, le film est un produit ultra-formaté, efficace mais qui manque clairement de saveur.
La mise en scène de l'aîné des frères Scott est beaucoup plus "posée" que d'habitude, tous ses tics habituels ont disparu et il nous livre un film académique. Il a bien assimilé toutes les références indispensables du genre et il nous les ressort tout le long du film. Tiens, une petite scène dans une boîte de nuit qui fait penser à "Scarface", oh le beau dialogue que l'on a vu des centaines de fois depuis "The Godfather", ah une petite séquence musicale qui nous montre toutes les arrestations comme dans "Goodfellas" etc etc ... En fait Scott fait un peu la synthèse du genre, cela a à la fois le mérite d'être très agréable à suivre et le désavantage de n'avoir pratiquement aucune personnalité, "American Gangster" est ,à l'image de son titre, un produit générique.
Les deux gros mastodontes du box-office que sont Denzel Washington et Russel Crowe sont par contre tout à fait remarquables. Le premier cabotine juste ce qu'il faut pour rendre son personnage de "parrain de la nouvelle génération" crédible et charismatique. Il arrive parfaitement à retranscrire le changement progressif de personnalité inhérent à tous les gangsters dont on suit la montée fulgurante puis la chute lente mais certaine, ce n'est pas Pacino mais c'est très bon quand même.
Russel Crowe est encore un cran au-dessus selon moi, son personnage étant beaucoup plus intéressant et surtout beaucoup moins prévisible que celui de son némésis, il arrive à le rendre très attachant. Ce flic intègre jusqu'au bout des ongles qui se voit confier une mission qui le dépasse un peu au début mais qui se révélera être l'apogée de sa carrière est finalement peut-être bien le personnage principal du film.
On suit donc nous deux "superstars" en parallèle pendant pratiquement tout le film, jusqu'à ce que le second arrête de premier. Et c'est là qu'intervient LA grosse scène du film, le face à face tient vraiment toutes ses promesses, là encore on pense forcément à la séquence du restaurant dans "Heat" mais ce dialogue de haute intensité entre deux des acteurs les plus talentueux d'Hollywood est vraiment magnifiquement interprété. Les deux charismes énormes que se trimballent messieurs Crowe et Washington ne s'annihilent pas, ils s'unissent pour captiver le spectateur, et s'il ne fallait retenir qu'une scène de "American Gangster" ça serait celle-là sans l'ombre d'une hésitation.
Les seconds rôles sont tous bons, mais ils paraissent tous un peu fades face à nos deux prodiges, c'est un peu le risque quand on a deux deux acteurs de cette qualité en premiers rôles. On retiendra tout de même Josh Brolin en flic pourri que l'on adore détester, la très charmante Carla Gugino obtenant quant à elle la palme du "rôle qui ne sert à rien".
Voilà, pas grand-chose d'autre à ajouter, "American Gangster" est un bon film, divertissant, bien interprété, classiquement mis en scène et si l'on n'attend pas d'être surpris, on passe même un très bon moment, on aura certainement oublié le film d'ici peu mais peu importe, disons que si tous les "films de studio" étaient de cette qualité, on s'en contenterait volontiers.
7/10
Posté le 16.11.2007 par nobodycares
Une bande de moutons génétiquement modifiés se transforment en bêtes assoiffées de sang et se rebellent contre l'espèce humaine qui prend de plus en plus ses aises avec mère nature.
Voilà en gros le pitch de ce "Black Sheep", film qui vient nous rappeler avec fracas à quel point la Nouvelle-Zélande est une référence lorsqu'il s'agit de nous livrer un bon gros délire bien débile avec des vrais morceaux de gore dedans.
Parce que c'est ça la qualité principale du premier long métrage du prometteur Jonathan King, le film ne se prend jamais au sérieux, tout le monde en prend pour son grade et le fun décomplexé qui se dégage de "Black Sheep" fait qu'il est impossible de rester insensible devant cette merveilleuse déclaration d'amour à un genre qui se fait de plus en plus rare.
King brasse les références, de "Dawn Of The Dead" à "An American Werewolf In London" en passant par le remake d'une scène mythique de "The Shining" où un mouton enragé vient prendre la place de Jack Nicholson, si on est fan du genre horrifique et gore en particulier c'est un festival et un bon gros panard !
Mais la pérennité la plus évidente c'est bien sûr Peter Jackson, tout d'abord King est un compatriote du génial réalisateur, ensuite c'est Weta Worshop qui s'est occupé des magnifiques effets spéciaux et enfin parce que certaines des créatures qui parcourent "Black Sheep" font indéniablement pensées aux monstres légendaires de "Braindead" qui est, rappelons-le, peut-être la plus grande comédie gore jamais réalisée.
Pas grand-chose d'autre à raconter, c'est typiquement le genre de film qu'il faut voir pour le comprendre, mais sachez que les personnages sont excellents, particulièrement la militante écologiste qui se transforme peu à peu en membre féroce de la NRA, que King ne se retient pas un seul instant et qu'il va même jusqu'à nous offrir une émasculation en gros plan et même une forte suggestion de bestialité bien sympathique.
En conclusion je dirais vive le gore, vive le Z, vive la Nouvelle-Zélande et surtout BBBBBBBÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!
8.5/10
Posté le 12.11.2007 par nobodycares
Après nous avoir livré les deux chef-d'oeuvres immenses que sont "The French Connection" et "The Exorcist", la qualité des films de William Friedkin n'a cessée de régresser pour atteindre la médiocrité la plus totale dans les années 90. Parce que si le cap des années 80 fut bien négocié par le réalisateur avec notamment "Cruising" ou bien encore l'excellent "To Live And Die In L.A.", les "nineties" furent une succession de films au mieux anecdotiques, à un tel point que l'on pensait la carrière du jadis génial Friedkin terminée à tout jamais.
Puis il nous avait surpris avec le très sympathique "The Hunted" en 2003, gentil petit film d'action régressif avec une réflexion intéressante sur la nature humaine et des références appuyées au mythique "The Most Dangerous Game". C'est donc avec une excitation à peine contenue que je commençais la vision de "Bug" et à la fin du film un seul constat est possible: William Firedkin est ressuscité ... au moins le temps d'un film.
Mais quel film !! "Bug" est purement et simplement un petit bijou, cela commence comme un petit drame sympathique, des personnages paumés qui discutent avec pour décor une ville anonyme du sud des Etats-Unis, c'est très plaisant et l'on sent que c'est adapté d'une pièce de théâtre, le film est très bavard et l'aspect huis-clos du métrage commence peu à peu à faire son effet sur le spectateur. Et puis plus les minutes passent plus on est fasciné, presque oppressé par l'étouffante atmosphère qui règne dans cette chambre de Motel miteuse, et on atteint le paroxysme dans une dernière demi-heure de laquelle on ne sort pas intact, et quand le générique de fin défile on est encore tout chamboulé par ce que l'on vient de voir.
Le traitement qui est fait de la paranoïa fait partie des meilleurs de l'histoire du cinéma, rarement cette pathologie n'aura été aussi bien rendue, et le fait que le film ne propose aucune explication sur les événements renforce encore le sentiment de malaise que l'on ressent au fur et à mesure que les minutes passent.
"Bug" doit son efficacité principalement à deux choses, tout d'abord la mise en scène de Friedkin qui livre ici tout simplement son meilleur film depuis 20 ans. L'exercice du huis-clos est, on le sait, très périlleux, beaucoup s'y sont cassé les dents. Mais le sujet du film et le fait qu'il soit adapté du théâtre rendent ce choix très judicieux. Friedkin livre une mise en scène ample et fluide, jamais on ne se sent à l'étroit ou étouffé par l'espace réduit, la claustrophobie vient du fond, pas de la forme et ça c'était absolument indispensable pour que le film fonctionne.
Le génial réalisateur est bien aidé par un montage redoutable de Darrin Navarro qui rend le film très "plaisant" à suivre et surtout par un Michael Grady à la photographie qui livre ici tout simplement son meilleur film. La dernière partie du film éclairée à la "lampe anti-moustiques" est juste exceptionnelle, on est hypnotisée et on ressent même quelques effets physiques tellement c'est réussi, on a chaud et on manque d'air, c'est magnifique !
Mais l'énorme satisfaction de "Bug" c'est bien entendu son casting, il n'y a que cinq acteurs qui ont des rôles "significatifs" et trois d'entre eux ne sont que des seconds rôles. Le duo principal est d'une perfection ahurissante et quand on y réfléchit bien c'est même effrayant de voir deux acteurs atteindre ce niveau de justesse sur un sujet aussi difficile.
Michael Shannon qui avait déjà tenu le rôle de Peter Evans dans la pièce de théâtre est impérial, il commence en gentil petit mec un peu gauche qui revient d'Irak un peu chamboulé et peu à peu il sombre dans la noirceur la plus totale. Avec le recul, on se rend d'ailleurs compte que sa paranoïa était visible dès le début mais ce n'est qu'après avoir subi ce crescendo de plein fouet que l'on se rend compte de l'immense performance à laquelle on vient d'assister, énorme, tout simplement énorme !!
Et puis il y a Ashley Judd, la "star hollywoodienne" nous a habituée à être très bonne voir même excellente dans la plupart de ses films, mais jamais on ne l'aurait pensé capable d'un tel tour de force. Il est clair qu'elle s'est investie à 100% dans son rôle et l'évolution du personnage qu'elle arrive à retranscrire en moins de deux heures est proche du surnaturel. Son dernier monologue est une des choses qui m'a le plus impressionnée depuis longtemps, on est submergé d'un torrent d'émotions très contradictoires, on ressent de la pitié, de la tendresse, de la peur et de l'incompréhension et quand elle a fini de parler, on reste la bouche grande ouverte, abasourdi par tant de talent.
Vous l'aurez compris, je suis totalement conquis par ce "Bug", en plus d'être le meilleur film de Friedkin depuis 20 ans, le film se paie même le luxe d'être une des oeuvres les plus marquantes et intelligentes que j'ai vu cette année, un chef-d'oeuvre, un point c'est tout !!
10/10
Posté le 02.11.2007 par nobodycares
Second film de Jodorowsky, "El Topo" est beaucoup plus accessible que son glorieux prédécesseur mais tout aussi puissant et surtout toujours aussi fascinant.
La narration est beaucoup linéaire que dans "Fando Y lis", ce qui rend le film plus facile à suivre, le symbolisme et les délires psychédéliques sont toujours de la partie, mais le film peut s'apprécier seulement pour son histoire, sans forcément chercher à interpréter chacun des petits détails.
Mais si l'on veut capter toute l'essence de l'œuvre, il faut, bien entendu, pousser la réflexion un peu plus loin et s'investir dans le film, si l'on y parvient, c'est encore une fois un voyage passionnant et une expérience unique.
Jodorowsky à de plus franchit plusieurs paliers en ce qui concerne la mise en scène. "El Topo" est un enchaînement incessant de séquences toutes plus impressionnantes les unes que les autres. La violence se mêle à la tendresse et le génial réalisateur film le tout avec une virtuosité à donner le tournis. On ressort du film épuisé par ce foisonnement d'idées et d'intelligence qui ne donne pas une seule seconde de répit au spectateur ébahit.
La restauration de l'image sur l'édition Wild Side est de plus assez hallucinante, les couleurs sont splendides, la compression presque invisible et, au final, on redécouvre ce chef-d'œuvre dans des conditions optimales, un grand bravo de ce côté-là !
Le travail sur le son est toujours aussi impressionnant, et même s'il est peut-être moins poussé que sur "Fando Y lis", on retrouve les mêmes effets qui sont toujours aussi percutants. Les bourdonnements et autres bruits dérangeants sont toujours très bien utilisés et ils décuplent parfaitement la force des scènes clés de son film.
Mais la grande nouveauté de ce "El Topo" c'est bien sur le fait que ce soit Jodorowsky lui-même qui interprète le rôle-titre. Et quelle prestation !!! Il est impérial, touchant, effrayant, intriguant, charismatique, il réussit tout, il devient son personnage et passe par des changements physiques impressionnants et à la fin de ces deux heures de pur bonheur, on est bien obligé de se rendre à l'évidence : il sait tout faire !!
Alejandro Jodorowsky est un génie dans le sens le plus pur du terme, et il livre avec "El Topo" une œuvre passionnante, imprégnée de mysticisme et d'une spiritualité, une œuvre qui marquera l'histoire du septième art à tout jamais et que l'on tentera de décortiquer jusqu'à la fin des temps, ultime !!
10/10
Posté le 29.10.2007 par nobodycares
Ca y est, je l'ai enfin vu, le premier film du mythique réalisateur.
Je ne pense pas pouvoir en dire beaucoup de choses, Alejandro Jodorowsky nous livre, pour son premier long-métrage, une œuvre forte, entière et finalement presque hermétique.
Il filme son univers, il met en scène les méandres surréalistes de son génial cerveau et tout ce que l'on peut faire c'est se laisser porter par ce flot de poésie et de symbolisme en essayant de capter, par bribes, quelques-unes des idées puissantes dont le film est parsemé.
On peut par contre parler de l'aspect purement technique du film. La mise en scène de Jodorowsky est déjà immédiatement reconnaissable et le film comporte quelques fulgurances filmiques dont le génial réalisateur a le secret. Le film est composé de quatre "chants" avec dans chacun d'entre eux des petites saynètes. Jodorowsky film le tout avec une telle virtuosité que cela devient très vite fascinant.
Mais plus encore que la mise en images, c'est tout le travail qui a été fait sur le son qui impressionne le plus. Les sons ne sont, pour la plupart du temps, pas liés aux images. C'est assez difficile d'expliquer par écrit ce que l'on ressent mais on pourrait dire que "Fando Y lis" c'est la rencontre de deux univers, le symbolisme des images se mêlant à celui des sons pour donner une œuvre forte, très difficile d'accès, mais forte !! Il suffit de se referrer à la séquence des vielles jouant aux cartes en compagnie de "l'homme objet" pour comprendre à quel point Jodorowsky démarque ces deux univers : un bourdonnement proche de l'insupportable se fait entendre alors qu'il n'y a pas de mouches présentes à l'écran. On pense bien sûr à la décrépitude de ces créatures abjectes et le tout est renforcé par de nombreux plans "vomitifs" sur ces abricots confits.
Et puis on peut aussi évoquer les préstations de Diana Mariscal et Sergio Kleiner. Le film est construit autour d'eux et les personnages qu'ils interprètent sont loin d'être faciles, mais à aucun moment on ne remet en cause leurs crédibilités, ils deviennent leurs personnages et on finit par ne plus voir QUE Fando et Lis, pas leurs interprètes.
Voilà, alors pour mieux comprendre toute la puissance de ce "Fando Y lis" il faudrait se lancer dans une analyse filmique poussée et je ne m'en sens ni le talent ni le courage.
Le mieux pour se faire une idée c'est encore de le voir en essayant de faire abstraction de l'apparente austérité du film, si on y parvient, c'est un voyage et une expérience inoubliables.
Je mettrais bien 10/10 mais à quoi bon ...
Posté le 08.10.2007 par nobodycares
Le premier "gros" film post-matrix de Keanu Reeves, ce "Constantine" est l'archétype même du film bourré de défauts mais qui sont pratiquement tous effacés par la sympathie inexplicable que m'inspire le film.
Parce que oui, "Constantine" a quelques défauts majeurs, le principal étant selon moi ses dialogues.
Beaucoup de répliques sentent le cliché à plein nez, à un tel point qu'on finit par se demander si ce n'est pas un parti-pris. Keanu Reeves en particulier, il ne s'exprime qu'avec des "punchlines", et si certaines font mouche, ça n'en devient pas moins très vite fatiguant. Le bonhomme a beaucoup été critiqué pour sa performance et son nom revient dans pratiquement tous les avis négatifs sur le film, mais je pense sincèrement que ce sont ses dialogues qui sont le véritable problème, pas son interprétation.
Rachel Weisz est par contre encore une fois éblouissante, elle est tout à fait crédible dans toutes les situations et elle est aussi absolument somptueuse, ce qui ne gâche rien.
Mais ce qui me plaît le plus dans "Constantine" est que le film contient un nombre ahurissant de bonnes idées. A commencer par le traitement vraiment original qui est fait de la plus vieille histoire du monde: la lutte entre le Bien et le Mal. Pounctué de nombreuses référence bibliques, le film éclaire ce combat d'une manière totalement nouvelle et intéressante.
Et toutes ces bonnes idées sont soutenues par une réalisation inspirée de Francis Lawrence et surtout des effets visuels exceptionnels. Les séquences qui se déroulent en enfer sont à ce titre tout bonement hallucinantes, une vision très particulière et inhabituelle du pays de Lucifer.
L'humour est aussi omniprésent et la plupart des personnages sont à la limite de la parodie, Peter Stormare en tête, son incarnation de Satan étant un peu... décalée.
Voilà, j'ai donc de l'affection pour le film même si je reconnais que ce n'est pas une réussite totale.
Et puis c'est peut-être aussi la publicité anti-tabac la plus chère de tous les temps :-D
6,5/10
Posté le 28.09.2007 par nobodycares
Quatre ans après le sympathique "Bruce Almighty", Morgan Freeman est de retour dans le rôle de Dieu pour intervenir cette fois dans la vie d'Évan le personnage interprète par Steve Carell que l'on avait aperçu dans le premier volet.
Le fait que Jim Carrey soit totalement absent de cette suite n'augurait vraiment rien de bon tant "Bruce Almighty" reposait entièrement sur ses épaules.
Mais Carell étant un acteur très talentueux, on se devait tout de même de laisse une chance à ce "Evan Almighty".
Alors autant le dire tout de suite, cette suite est moins bonne que son prédécesseur et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord c'est moins drôle et ça c'est déjà fatal, il y a peu de moments où l'on rit vraiment, on sourit tout au plus. Le ton adopté est bien plus sérieux que les facéties de Jim Carrey.
Deuxièmement le film est ce que l'on pourrait appeler un film de "propagande" tant les bienfaits de la Bible nous sont rabâchés à longueur de film. Alors le terme "propagande" est peut-être un peu fort, mais il est évident à la vision du film que ce "Evan Almighty" est une publicité à peine déguisée pour l'Église catholique. C'est fait de façon, certes, rigolote mais il n'en reste pas moins que cela devient vite très lourd, la guimauve, ça va bien 5 minutes, mais c'est vite écœurant...
Vous l'aurez compris, je n'ai vraiment pas été séduit par l'histoire très simpliste, prévisible et surtout niaise de ce second volet.
Mais le film n'est une catastrophe pour autant. Il est sauvé du naufrage pas une galerie d'acteurs tous plus excellents les uns que les autres et une réalisation inspirée de Tom Shadyac.
À commencer par Steve Carell, il est encore une fois excellent, il est drôle et touchant, mais il est surtout immensément attachant. Il mérite vraiment tous les succès qu'il enchaîne depuis son départ du "Daily Show" qui l'avait fait connaître.
Ensuite Lauren Graham qui, même si elle a encore un rôle qui n'exploite que 10 % de ses capacités, est tout simplement parfaite… et très charmante.
Et puis il y une galerie de personnage secondaires absolument exceptionnelle avec en tête l'énorme (dans tous les sens du terme :-D) John Goodman et surtout Wanda Sykes qui me fait toujours mourir de rire, elle pourrait lire le botin que ça me ferait marrer, j'adore.
Mais la palme revient sans surprises à Morgan Freeman, c'est la grande classe, tout simplement. Il incarne Dieu avec une facilité presque effrayante, si ça ne tenait qu'à moi, je l'embaucherais bien dans tous les films qui sortent :-D
Au final ce "Evan Almighty" ne vaut QUE pour ses personnages attachants, c'est peu, mais c'est déjà ça.
4,5/10
"We're gonna need a bigger boat ..." Evan Baxter en clin d'oeil à .... revisez vos classiques merde !