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nobodycares
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Il doit faire à peu près 1 mètre 80, 75 kilos, les yeux bleux et les cheveux bruns. Beau gosse quoi!
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01.05.2007
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Paranoia Agent

Posté le 04.02.2008 par nobodycares
Une œuvre somme, ça fait un peu cliché, mais c'est certainement la meilleure façon de résumer la série "Paranoia Agent".
On retrouve tout le long de ces 13 épisodes tout ce qui avait fait le succès de "Perfect Blue", "Millenium Actress" et "Tokyo Godfathers" et on y voit clairement les prémices de ce qui deviendra plus tard "Paprika". Sachant que j'adore l'univers de Satoshi Kon, inutile de vous dire que "Paranoia Agent", c'est que du bonheur !!
Normalement c'est dans cette phrase que je tente laborieusement de vous faire un petit résumé de la série mais bon, c'est du Satoshi Kon, ça se vit, ça ne se résume pas, ça parle de tellement de choses que j'en oublierais forcément et je préfère donc m'abstenir.
Sachez simplement que la série commence comme un polar avec quelques éléments fantastiques, on suit Keiichi Ikari et Mitsuhiro Maniwa, deux flics qui tentent de retrouver un "serial agresseur" qui se ballade en roller doré et qui frappe les gens avec une batte de la même couleur qui sera judicieusement nommé : shonen bat (littéralement "le garçon à la batte").
Mais plus les épisodes avancent, plus on se rend compte que tout ça n'est que l'excuse de Kon pour décortiquer, comme d'habitude, les méandres de l'esprit et de l'âme humaine avec un brio et une virtuosité qui donnent encore une fois le tournis.
Plusieurs visions seront clairement nécessaires pour appréhender tous les aspects de "Paranoia Agent", mais c'est tellement bon que ce ne sera sûrement pas une corvée.
Parce que tout le génie de Satoshi Kon et encore plus particulièrement dans cette série, c'est de savoir allier un fond d'une profondeur vertigineuse et d'une intelligence telle qu'il est impossible de tout saisir en une seule vision, à une forme virtuose, des personnages attachants et une constante inventivité dans la mise en scène qui font qu'il est impossible de s'ennuyer une seule seconde devant ses œuvres.
Le mélange des genres est aussi extrêmement présent dans "Paranoia Agent", comme je le disais plus haut, ça commence comme du polar, mais, petit à petit, viennent se greffer des éléments fantastiques, de la science-fiction, de l'horreur, du thriller et même du burlesque dans un épisode au sujet pourtant fondamentalement tragique, je fais bien entendu référence au bouleversant "Happy Family Planning" dont je ne dirais pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise, mais le traitement humoristique de l'épisode contraste avec un fond d'une grande tristesse et il se dégage du tout une mélancolie presque palpable, c'est génial.
Et pour couronner le tout, Satoshi Kon et son équipe font constamment des expérimentations visuelles, que ce soit au niveau de la mise en scène, des dessins ou de l'animation. Dès que le ton change, cela se répercute immédiatement à l'écran, un nombre incalculable de styles visuels se mélangent, tantôt épuré, tantôt dépouillé, l'aspect purement graphique de "Paranoia Agent" s'adapte au scénario et aux idées infinies de son immense auteur et l'on reste souvent bouché bée devant l'écran en essayant de comprendre ce qu'il vient de se passer, c'est énorme.
"Paranoia Agent" est donc une œuvre indispensable, intelligente, profonde, touchante doté d'une force visuelle exceptionnelle et passer à côté serait une erreur monumentale.
Et puis je sais que je l'ai déjà dit en ces lieux mais: MERCI MONSIEUR Satoshi Kon !!!!!!!

10/10

Letters From Iwo Jima

Posté le 03.02.2008 par nobodycares
J'attendais beaucoup de ce deuxième volet du diptyque d'Iwo Jima, comme j'ai eu l'occasion d'en parler sur ce blog, j'avais vraiment adoré "Flags Of Our Fathers" et on m'avait di beaucoup de bien de ce "Letters From Iwo Jima", c'est donc avec une excitation à peine contenue que je commençais la séance. Commençons tout d'abord par souligner l'originalité et l'intelligence de la démarche d'Eastwood, c'est quand même un réalisateur qui choisit de mettre en scène le camp adverse, dans une langue dont il ne parle pas un mot et il réussit le tout sans jamais avoir recours au manichéisme, juste pour ça, ce "Letters From Iwo Jima" est une œuvre nécessaire et respectable.
Le film fait donc écho aux événements que l'on a suivi dans "Flags Of Our Fathers" mais cette fois-ci en se focalisant sur le camp japonais et, dès le début, Clint Eastwood nous annonce la couleur, ce que l'on va suivre pendant plus de deux heures, c'est la chronique d'une défaite annoncée et inévitable et surtout les réactions des différents soldats qui sont voués à une mort quasi certaine.
Le sujet est donc tragique et, en faisant cela, Eastwood retire tout le suspense et désamorce les enjeux habituels du film de guerre et permet ainsi au spectateur de se concentrer sur l'essentiel : les personnages. Et de ce côté-là, c'est une réussite totale, ils sont tous complexes, passionnants, touchants et profondément humain, Eastwood humanise l'ennemi et ça c'est tellement rare que ça fait franchement plaisir.
Du général qui veut être patriote, mais qui sait pertinemment que l'image de l'ennemi vendu par la propagande de l'empire est très loin de la réalité qu'il connaît, celui-ci ayant en effet vécu aux États-Unis, au tout jeune boulanger ayant été forcé de quitter sa femme enceinte pour mener une guerre qu'il n'a pas choisi en passant par l'ancien médaillé olympique qui se retrouve au milieu de cette bataille, ils sont tous passionnants et les plus de deux heures que dure le film passent vraiment très vite.
La réalisation d'Estwood est toujours aussi parfaite, les cadrages, les mouvements, les angles de caméra, tous les aspects de sa mise en scène respirent la classe et l'intelligence, c'est un régal de tous les instants et il se dégage de ce "Letters From Iwo Jima" une immense fluidité et une grande lisibilité, rien à redire.
La photographie de Tom Stern est, bien que très différente de celle de "Flags Of Our Fathers", toujours aussi magnifique. Chaque plan est un tableau de maître, de ses plans d'ensemble sur les bombardements jusqu'aux gros plans sur les visages, pas une faute de goût, c'est splendide, tout simplement.
Les acteurs sont tous parfaits, mais trois performances sortent clairement du lot. Tout d'abord celle du jeune Kazunai Nomomiya, son personnage est peut-être le moins complexe, mais c'est aussi le plus directement touchant, il retranscrit à merveille cette "insouciance" et cette "optimisme" qui vous fend le cœur, il est de plus franchement excellent dans le flash-back qui le met en scène avec sa femme. Ensuite il y a Tsuyoshi Ihara dans le rôle du Baron Nishi, là encore c'est une prestation sans failles, il dégage une grande sagesse et la lecture de la lettre du soldat américain est sans aucun doute la scène la plus marquante du film, bouleversant. Mais l'acteur qui se détache vraiment du lot, c'est bien entendu Ken Watanabe. Son personnage est clairement le plus intéressant du film et il l'incarne à la perfection, il retranscrit parfaitement toutes les contradictions du personnage, charismatique et ultra-patriotique en public et terriblement touchant et humaniste lorsqu'il ne s'adresse qu'à un interlocuteur, c'est vraiment un immense personnage interprèté par un acteur qui trouve ici son meilleur rôle.
Mais il y a tout de même quelques petits défauts dans ce "Letters From Iwo Jima", rien de bien grave, mais il fallait que j'en parle. Quelques flashbacks ne servent qu'à faire respirer le film et n'apportent pas grand-chose au tout, on comprend parfaitement la nécessité de ceux-ci, mais il n'en reste pas moins que certains d'entre eux ne sont vraiment pas très intéressants. Mais le plus gros défaut du film selon moi, c'est la répétition du thème principal de Kyle Eastwood, non pas que la musique soit mauvaise en elle-même, au contraire même, mais on nous la ressort dès qu'il y a un moment d'émotion et, à la longue, c'est vraiment trop répétitif, un peu de diversité aurait été la bienvenue.
Au final "Letters From Iwo Jima" est un excellent film, peut-être moins profond que "Flags Of Our Fathers" mais tout aussi touchant et maîtrisé. Il confirme de plus la forme exceptionnelle de Clint Eastwood qui, à bientôt 78 ans, est en train de se construire la fin de carrière la plus impressionnante de tous les temps, énorme !

8,5/10

Lost s04e01 The Begining Of The End

Posté le 02.02.2008 par nobodycares
Le retour tant attendu de la série a été quelque peu gâché par la grève, on sait que cette quatrième saison ne contiendra que 8 petits épisodes et on est forcément un peu frustré. J'aurais préféré que la saison soit complètement annulée et que les 16 épisodes initialement prévus soient diffusés plus tard, quitte à attendre un an de plus, mais c'est comme ça, espérons que ça ne casse pas trop le rythme de cette saison.
On retrouve tout de même nos «loties » avec un immense plaisir, et le génial cliffhanger de la troisième saison fait que l'on était d'autant plus curieux.
Le premier constat que l'on peut faire c'est que c'est loin d'être aussi frénétique et surprenant que les trois premiers «season premiere », c'est toujours excellent, mais l'épisode ne se démarque en rien d'un épisode régulier.
On reprend exactement où l'on avait arrêté et c'est donc l'attente des «sauveurs » qui est le centre de l'épisode, c'est un peu l'euphorie générale au début, mais ça devient de plus en plus sombre, j'aime beaucoup la trame scénaristique de l'épisode, le désenchantement progressif me plaît beaucoup plus que tous les «happy end » du monde.
Rien de bien choquant scénaristiquement sur l'île, ça se déroule à peu près comme l'on avait imaginé, mais les scénaristes jouent à fond la carte des personnages. On les connaît maintenant tous par cœur et ce sont bien eux qui nous intéressent finalement plus que le scénario. On a ainsi le droit à un Jack dans le même état que la fin de saison dernière, on sent maintenant qu'il est prêt à tout, il est au bout du rouleau et il en a fini avec son rôle de «bon samaritain ».
Son face à face avec Locke est de ce point de vue une des séquences les plus intenses que la série ait connue, les deux bonhommes avaient déjà eu de nombreuses confrontations, mais celle-ci a clairement quelque chose de bien plus captivant, je pense que l'on tient là un des grands tournants de la série, la confrontation des deux groupes sera même certainement l'axe scénaristique principal de cette quatrième saison et ça risque d'être tendu. Et puis il appuie sur la gâchette, quand même, c'est plus le même Jack, c'est une évidence !
Les quelques scènes «touchantes» de Jorge Garcia ne sonnent pas très justes, c'est dommage, j'ai de l'affection pour le personnage, mais franchement quand on sort des «dude» et qu'il faut jouer autre chose que le «nice guy» de service, on voit tout de suite les limites de son jeu.
Il est par contre très bon dans les fameux «flashforwards » qui nous confirment définitivement que celui du «season finale » de l'année dernière n'était pas qu'un écart, adieu «flashbacks » donc.
Là non plus on apprend rien de neuf, tout du moins avant cette dernière splendide séquence entre Hugo et Jack, rien n'est dit explicitement , mais on comprend qu'il s'est passé quelque chose de terrible et cela crée un suspense de malade. Et puis il regrette d'être allé avec Locke et ça me conforte dans mon idée du conflit ouvert entre les deux clans, j'ai vraiment hâte de voir ce qu'ils vont nous réserver.
Ce «The Begining Of The End » est donc un excellent épisode même s'il est très différent des trois premiers «season premiere », les scénaristes peuvent maintenant se permettre de se reposer sur leurs personnages et j'aime beaucoup cette tournure, il ne reste plus qu'à attendre la suite qui sera, à n'en pas douter, énorme !

8,5/10

Rendition

Posté le 01.02.2008 par nobodycares
Deux ans après le très remarqué "Tsotsi" (que je n'ai pas vu), le réalisateur sud-africain Gavin Hood tente, comme beaucoup, l'aventure à Hollywood.
Et pour son premier film américain, il choisit un sujet pour le moins délicat: les conséquences du 11 septembre et en particulier les "raccourcis" juridiques que l'attentat a engendré.
"Rendition" c'est en effet l'histoire d'un jeune cadre américain d'origine égyptienne qui se voit "kidnapper" par la C.I.A. dans un aéroport car il est soupçonné d'avoir aidé un terroriste.
Les tortures commises par le gouvernement américain sur un de ses propres citoyens, voilà un sujet couillu pour un premier film, et si le film proposait une réflexion intelligente ou au moins poussée sur le sujet, ça aurait pu être un coup de maître. Malheureusement, quelques storylines bien niaises viennent se greffer à la trame principale et l'excès de didactisme et surtout de "sentimentalisme forcé" du film gâchent un petit peu le tout.
Parce que les intentions sont bonnes, on ne peut pas le nier, on sent le réalisateur concerné par son sujet et il évite même quelques-uns des clichés inhérents au genre, le problème, c'est que l'on se sent toujours tenue par la main, les idées sont exposées oralement par les personnages et surtout tout est fait pour que l'on s'identifie au personnage interprété par Jake Gyllenhaal et surtout pour nous tirer des larmes tout le long du film, il n'y avait pas besoin d'autant forcer le trait, le sujet est suffisamment tragique qu'il n'y avait pas besoin de tant en rajouter.
Je pense notamment à tout ce qui touche aux deux adolescents "nord africains" (aucun pays n'est précisé) qui, même si ils sont plutôt touchants, font clairement balancer le film dans la "tragédie sentimentale" à la limite du manichéisme, on n'avait pas besoin de cet exemple étiré en longueur pour comprendre les conséquences de ces tortures. Certaines des scènes mettant en scène Reese Witherspoon sont aussi bien trop grossières pour être réellement touchantes, on a très vite l'impression que cela tourne en rond et, au final, cela n'apporte pas grand-chose au film.
Par contre c'est vraiment un très bon point du côté de la mise en scène, Gavin Hood évite tous les effets "tape-à-l'œil" et il livre un film fluide, très lisible et sans aucun sensationnalisme mal venu, même la séquence de l'attentat est sobrement mise en scène, et ça c'est une très bonne chose. Cela m'a vraiment donné envie de découvrir son "Tsotsi".
Les acteurs sont plutôt bon dans l'ensemble, mais j'attendais vraiment plus d'un tel casting. Omar Metwally est franchement parfait, clairement la meilleure performance du film, on ressent sa souffrance et la scène dans laquelle il "craque" est sans aucun doute la plus puissante du film.
Jake Gyllenhaal est tout juste correct, il nous avait habitué à beaucoup mieux que cela et on ne le sent pas très investie dans son rôle, c'est vraiment dommage.
Reese Witherspoon est par contre parfaite, son personnage n'est pas très épais psychologiquement parlant, mais elle parvient à être touchante à plusieurs reprises, dommage que sa storyline soit aussi maladroitement écrite.
Et puis il y a Meryl Streep qui cachetonne, elle est excellente mais son rôle est anecdotique, en gros c'est très loin d'être le rôle de sa carrière.
Yigal Naor en fait des caisses et il n'est finalement pas très crédible. Moa Khouas et Zineb Oukach sont plutôt bons, mais leur histoire est tellement "guimauvesque" que leurs personnages deviennent assez vite très irritants.
À noter également un excellent Peter Sarsgaard dans un rôle secondaire, cet acteur prouve, film après film, qu'il fait partie de la catégorie des "sous-estimés" et j'aimerais le voir plus souvent en tête d'affiche.
Au final "Rendition" est un film maladroit et quelque peu plombé par un excès de sentimentalisme inutile qui exaspère le spectateur plus qu'il ne renforce l'impact émotionnel. Mais, sur un tel sujet, on pouvait s'attendre à bien pire, les intentions étaient bonnes, mais c'est finalement un semi-échec. On suivra tout de même d'un œil la carrière de Gavin Hood qui s'en sort plutôt bien dans sa mise en scène.

5/10

Nip/Tuck s05e11 Kyle McKenzie

Posté le 31.01.2008 par nobodycares
Un des meilleurs épisodes de "Nip/Tuck", toutes saisons confondues, superbe !!
La mort de Gina n'était donc pas un rêve, je persiste à dire que c'était maladroitement exécuté mais finalement peu importe, les conséquences de sa mort sont tellement bien traitées que l'on pardonne cette petite faute très facilement.
On n'avait jamais vu Christian aussi chamboulé, il est bien plus calme et "humain" que d'habitude, toutes les scènes avec Wilbert sont très touchantes et les dialogues très justes. On voit même la version fantasme que le père Troy à de lui-même, il aimerait avoir une assurance à toute épreuve et expliquer les choses crûment à son fils, mais il n'y arrive pas, et c'est bien pour cela qu'il est si touchant.
La courte séquence à la morgue est du même niveau, c'est peut-être la meilleure performance de Julian McMahon dans "Nip/Tuck", il connaît tellement le personnage qu'il parvient à retranscrire toutes les nuances de sa souffrance, c'est vraiment un des personnages les plus complexes qui soient.
Et puis il y a l'enterrement, ça commence dans la gaudriole la plus complète pour se terminer sur un speech que l'on n'est pas près d'oublier, c'est encore une fois très juste et c'est d'autant plus remarquable que le sujet est très délicat, et c'est finalement un portrait très judicieux de Gina, on part de ce qu'il y a de plus frivole en elle pour peu à peu se rapprocher de sa véritable personnalité toute en tendresse et en attention, vraiment une excellente scène.
Pour le reste de l'épisode ça tourne beaucoup autour du cannibalisme, les patients tout droits sortis du film "Alive", la maîtresse d'école qui mort les enfants dont elle s'occupe (oui, ça reste quand même du "Nip/Tuck") et puis bien sûr la métaphore sur l'agent cannibale, pas très fine mais très efficace.
Parlons-en des agents justement, le personnage de Colleen Rose rentre définitivement sans la légende "Nip/Tuckienne", absolument énorme.
Son acte sauvage rappel un peu la Annie Wilkes de "Misery", complètement tarée mais pleine de bonnes intentions, et puis c'est quand même marrant les ours en peluche...
En tout je crois que l'on tient ici la storyline directrice de la saison que l'on attendait tant, ça va saigner !!!

10/10

Eastern Promises

Posté le 30.01.2008 par nobodycares
Un film de David Cronenberg, c'est toujours une expérience particulière.
Le génie canadien qui fut un temps la coqueluche de tous les cinéphiles du monde est, depuis "Spider" voir même "eXistenZ", quelque peu boudé par une partie de son public.
Ce "rejet" est devenu complètement évident il y a deux ans pour la sortie de "A History Of Violence", certains reprochent à Cronenberg d'avoir renié le cinéma de genre pour livrer un film "auteurisant". Alors premièrement je n'aime pas cette petite guerre des clans entre les "genreux" et les "auteureux", peu importe l'approche pourvue que ce soit bien fait. Et puis je ne fais absolument pas partie des fans déçus, "A History Of Violence" est pour moi un immense chef-d'œuvre et, même s'il est "déguisé" en film plus simple et moins fou que ce que le réalisateur a l'habitude de nous offrir, je le considère comme un pur film "Cronenbergien", les obsessions du réalisateur y sont plus que jamais présentes et la réflexion qu'il propose est des plus passionnantes si on fait un minimum d'efforts pour passer outre l'apparente simplicité du film.
Et bien ce "Eastern Promises" suit le même schéma que "A History Of Violence", car derrière ce scénario tout simple se cache une œuvre forte, un vrai film de Cronenberg et un putain de chef-d'œuvre, Amen !!
La trame scénaristique du film est très simple, une sage-femme d'un hôpital londonien accouche une adolescente russe qui décède pendant l'accouchement, le bébé ayant survécu, cette jeune sage-femme va donc tenter de faire traduire le journal intime de la défunte mère pour retrouver la famille de l'enfant, et cela va l'emmener dans l'univers très sombre de la mafia russe.
L'histoire est donc très "bateau" et même déjà-vu, mais Cronenberg se l'approprie totalement et y inclut toutes ses obsessions, de sa fascination pour le corps à sa constante interrogation sur la violence sous toutes ses formes, il nous livre une œuvre dense, complexe et surtout un des personnages les plus charismatiques de tous les temps : le génial Nikolai !!
Alors je ne vais pas me lancer dans l'analyse filmique ou thématique de "Eastern Promises", c'est suffisamment clair pour quiconque s'est un jour intéressé à Cronenberg, mais il fallait le souligner parce que c'est tout simplement génial d'avoir réussi à faire, coup sur coup, deux films plus "grand public" en ne faisant aucun compromis intellectuel, il satisfait tout le monde, du studio qui produit le film au fan "hardcore" en passant par le spectateur lambda qui s'arrêtera à l'histoire sans chercher à aller plus loin, c'est juste immense !!
Et en plus d'être un film passionnant et profond, "Eastern Promises" est la nouvelle confirmation que Cronenberg est un des plus grands metteurs en scène encore en activité.
Son film est parfait, dans tous les domaines, pas un plan trop long, pas un mouvement qui fait tache, pas un cadrage foireux, pas une caméra mal placée, c'est la perfection cinématographique de tous les instants, et s'il y a bien une chose sur laquelle il est irréprochable c'est bien celle-ci.
La scène qui illustre le mieux tout le génie de la mise en scène de Cronenberg est peut-être la scène de sexe, en une fraction de seconde, il fait passer le même personnage interprété par la même actrice d'une blondasse traitée comme un morceau de barbaque et donc totalement désincarnée à une femme brisée et magnifique dans sa souffrance, c'est du très grand cinéma, j'en avais les larmes aux yeux.
Et la direction artistique n'est pas en reste, Cronenberg sait tirer le maximum de ses acteurs et c'est encore une fois totalement le cas ici, à commencer par le plus évident de tous : Vincent Cassel.
L'acteur français est très souvent médiocre et outrancier dans ses interprétations et cela le réalisateur canadien l'a bien compris, il lui offre un rôle taillé sur mesure, rôle pour lequel le cabotinage était absolument nécessaire, et il obtient la meilleure performance de la carrière de Cassel, énorme de bout en bout.
Armin Mueller-Stahl est juste parfait en parrain de la mafia, on ne le voit jamais faire quoi que ce soit de menaçant ou même d'impressionnant durant tout le film mais son charisme transparaît dans tous les plans et son personnage est sans aucun doute le plus effrayant du film, énorme !!
Mais la grosse grosse (grosse grossse grosse) claque nous vient de Viggo Mortensen. Bon bah là j'ai même plus de mots pour expliquer, c'est phénoménal, le mec s'est transformé physiquement, il a pris un accent russe parfait et il a une présence et un charisme surnaturels !!! Et puis c'est quand même la grande classe quoi, le personnage calme et posé mais capable des pires excès de violence dont l'illustration parfaite est la scène de combat dans l'hammam qui renvoie immédiatement les James Bond et autres Jason Bourne à leur place : au bac à sable. Chez Cronenberg quand ça se bat on le ressent dans chacun des plans, ça cogne dure, ça cogne fort, et chacun des coups a de vraies conséquences, de la brutalité réaliste à l'état pur !!
Naomi Watts est tout aussi parfaite, mais son personnage est beaucoup moins intéressant que les autres et ce n'est donc qu'un rôle anecdotique dans sa magnifique carrière mais c'est bien là la marque des grands acteurs : être excellent même quand le rôle est insignifiant.
Le tout est magnifiquement ponctué par une partition splendide d'un Howard Shore des grands jours, le thème principal étant particulièrement réussi.
Voilà, Cronenberg ne cesse de me surprendre à chacun de ses films, il ne m'a jamais déçu et, à bientôt 65 ans, il reste un des réalisateurs les plus modernes et les plus passionnants qui soient.
"Eastern Promises" est à l'image de son dernier plan : magistral !!

10/10

The Wire s05e04 Transitions

Posté le 29.01.2008 par nobodycares
Pour le moment le meilleur épisode de cette cinquième saison, c'est immense !!
Alors je ne vais pas vous faire le même speech toutes les semaines mais ce n'est pas l'envie qui me manque, tout se recoupe, les acteurs sont tous énormes et puis putain quelle intensité, on retient son souffle pendant une heure et, à la fin de l'épisode, on se mange une méchante claque dans la gueule !!
L'épisode se focalise principalement sur le "limogeage" de Burrel et son remplacement par Daniels. On voit les réactions des différentes forces en présence, l'équipe du maire, celle du Washington Post, c'est toujours limpide, logique et, je sais je me répète, c'est extraordinairement bien écrit.
L'étau se ressert également sur Clay Davis et il semble maintenant évident qu'il va enfin être condamné.
Lester et Mcnulty continuent leur petite magouille sans que personne s'en soucie et ça risque d'être absolument cataclysmique lorsque cela éclatera au grand jour.
Mais les deux gros événements de ce "Transitions" c'est bien sur le retour d'Omar qui fait déjà des étincelles et qui annonce un clash gigantesque contre Marlo et sa clique.
Et puis la dernière scène, et là, comme je le disais plus haut, c'est juste ultime !!!
Le "Joe, relax, breath easy ..." et le plan final sur le visage impassible de Marlo, c'est grand, c'est ENOOOOOOOORRRRRMMMMMMEEEEEEE !!!!!!!!!!
La suite, VVVVVVVIIIIIIIIITTTTTTEEEEEEE !!!!!!!!!!!!!!

10/10

Smiley Face

Posté le 28.01.2008 par nobodycares
Je ne vais pas m'étendre des heures sur "Smiley Face", et ce pour une raison toute simple: je n'ai rien d'objectif à reprocher au film.
Il ne m'a tout simplement pas fait rire, l'humour étant peut-être ce qu'il y a de plus subjectif, cela ne servirait à rien d'argumenter.
La déception est d'autant plus grande que j'ai beaucoup aimé les trois films de Gregg Araki que j'ai vu : "The Doom Generation", "Nowhere" et "Mysterious Skin". Avec une légère préférence pour "Nowhere". Mais là je ne suis absolument pas rentré dans le film, la mise en scène est pourtant toujours aussi reconnaissable et Anna Faris prouve encore une fois qu'elle est excellente dans n'importe quel rôle mais ce n'est pas mon style d'humour, peut-être qu'il faut avoir été (ou être) "stone" pour comprendre mais franchement je n'ai pas ri une seule fois.
J'attends tout de même de voir ce qu'Araki nous réserve pour la suite de sa carrière, mais s'il continue à faire des comédies, ça sera certainement sans moi.
Je ne le note pas, ça ne sert à rien :-D

Juno

Posté le 27.01.2008 par nobodycares
Deux ans après un "Thank You For Smoking" sympathique mais un peu trop cynique à mon goût, le jeune Jason Reitman (le fiston du grand Ivan Reitman) est de retour derrière la caméra.
Pour son second long-métrage, il a choisi de mettre en image le premier script de la jeune Diablo Cody.
"Juno" c'est l'histoire d'une adolescente de 16 ans qui tombe enceinte après un rapport sexuel avec son meilleur ami. Elle décide de donner son enfant à un jeune couple qui est dans l'incapacité de procréer.
Voilà, ça sentait la guimauve à plein nez, on s'attendait à voir défiler sous nos yeux un florilège de stéréotypes et à voir le tout se terminer dans la joie et la bonne humeur sur une chanson de Whitney Houston. Et bien NON !!! "Juno" ce n'est rien de tout cela et dès les premières minutes on sent que l'on est devant un film sincère, sans langue de bois et surtout dont les personnages sont intelligents, et ça c'est très rare, surtout quand ceux-ci sont des adolescents.
Juno a 16 ans, elle est enceinte, mais ce n'est pas une poufiasse décérébrée fan de "Tokio Hotel", elle est cultivée, intelligente, assez mature et surtout tout à fait lucide en ce qui concerne sa situation.
Pas de longues séquences pleurnichardes, pas de diatribes anti-avortement, pas de leçons de morale de la part des adultes, c'est très rare dans un film américain et encore plus dans un film produit par la Fox et il fallait absolument le signaler.
La mise en scène de Reitman a franchement gagné en maîtrise depuis "Thank You For Smoking", on sent le réalisateur plus posé et conscient que ce sont les personnages qu'il faut mettre en valeur.
On sent l'influence de Wes Anderson et ça, c'est un putain de gros compliment !!
L'utilisation de la musique est notamment très "Andersonienne", mais c'est incontestablement un bon point, surtout quand la B.O. est de cette qualité. On retrouve des morceaux de Kimya Dawson et des "Moldy Peaches", du "Velvet Underground", des "Kinks", de Buddy Holly ou bien encore de "Sonic Youth", enfin bref, c'est du très très bon et le tout se marie parfaitement avec les images.
Le générique de début est, à ce titre, un petit bijou, on est tout de suite plongé dans l'ambiance.
Mais plus encore que le script, le réalisateur ou la B.O., ce sont bels et bien les acteurs qui font de "Juno" une réussite totale. Le cast est éclectique et contient beaucoup de transfuges télévisuels, on retrouve donc Jason Bateman et Jennifer Garner en couple adoptant et ils sont tous les deux très bons, lui dans le rôle de cet aspirant artiste qui se contente d'une petite vie tranquille et elle en femme stérile un peu coincée mais voulant à tout prix être une mère. C'est bien simple, c'est le meilleur rôle de Garner, je ne l'attendais vraiment pas à ce niveau, elle est vraiment excellente dans un personnage pourtant très difficile, elle ne fait aucune fausse note, un très bonne surprise.
On retrouve aussi le toujours parfait J.K. Simmons dans le rôle du père de Juno, j'ai beaucoup de mal à le voir en autre chose que Shillinger de "Oz" d'habitude mais là ça passe parfaitement, c'est dire si son interprétation est réussie. Et puis c'est Allison Janney qui se glisse dans la peau de la belle-mère de Juno, et que dire, elle cartonne, comme d'habitude, c'est vraiment étonnant de voir tous les talents qui étaient jusqu'à maintenant à des rôles télévisuels.
Il y a aussi Michael Cera, c'est lui le père de l'enfant, son rôle n'est pas très étoffé, mais il éclabousse toutes ses scènes de son immense talent. On sent de plus qu'il a une énorme complicité avec Ellen Page et les scènes qui les mettent en scène tous les deux sont sans aucun doute les meilleures du film.
Tout ceci nous emmène à LA grosse claque du film, la confirmation qu'Ellen Page deviendra, et EST même déjà, grande !!!! On l'avait déjà remarqué dans quelques seconds-rôles puis elle s'était révélée aux yeux du monde avec sa performance exceptionnelle dans "Hard Candy", mais là ça dépasse vraiment tout ce que l'on pouvait imaginer. Elle est ENORME de la première à la dernière image, elle est présente dans pratiquement toutes les scènes et elle ne manque jamais une réplique.
Drôle, intelligente, parfois chieuse et insupportable mais toujours juste, elle donne vie à Juno, elle porte le film sur ses épaules et à la fin de la séance on reste estomaqué par tant de maturité chez une actrice qui n'a, je le rappelle, pas encore 21 ans. Si elle continue sur cette lancée, je lui prédis une carrière immense, ce n'est pas possible autrement !
Et puis la séquence muette dans le lit d'hôpital qui la met en scène avec Cera, on pleure, forcément !
J'ai lu les critiques du film et c'est dans l'ensemble très positif, les détracteurs reprochent au film d'être trop "écrit" et d'avoir des personnages trop intelligents pour être crédible, alors je ne sais pas depuis quand ces deux aspects sont des défauts mais si c'est tout ce qu'ils arrivent à reprocher à "Juno, " je veux bien l'accepter, sauf que pour moi ce sont deux immenses qualités.
Au final, je dirais que "Juno" fait partie des films que je n'ai même pas envie de défendre ou de promouvoir, je l'ai vu, j'ai été touché en plein cœur, et finalement c'est tout ce qui compte, un film précieux, tout simplement...

10/10

"I guess normalcy isn't really our style." Juno

Dog Bite Dog

Posté le 26.01.2008 par nobodycares
J'ai enfin pu jeter un coup d'œil sur ce "Dog Bite Dog" que l'on nous vendait un peu partout comme le film du renouveau pour le cinéma Hong-Kongais. Et la première chose qu'il faut dire, c'est qu'il ne faut surtout pas se fier à la jaquette "pour djeuns" de l'édition sortie chez TF1 vidéo, "Dog Bite Dog" n'est pas un film "fun", c'est un film noir, très noir même et par moments d'un nihilisme à vous faire manquer d'air.
L'histoire voit se croiser un jeune tueur plus proche de l'animal que de l'être humain qui fut élevé dans un camp où les enfants sont forcés de combattre pour survivre et un jeune flic fougueux qui a un réel problème avec l'autorité et qui va faire de l'arrestation de ce tueur sa priorité absolue.
Un traqueur, un traqué, c'est du déjà mille fois, mais c'est traité avec suffisamment de fraîcheur et d'originalité pour être passionnant. Les personnages sont très intenses et la violence tant graphique que psychologique est parfois à la limite du supportable.
Mais l'aspect le plus intéressant de "Dog Bite Dog" n'est, à mes yeux, pas cette "chasse à l'homme", ce qui m'a vraiment étonné, c'est l'intelligence avec laquelle le personnage du flic est traité. Son passé, au début obscur et de plus en plus clair au fur et à mesure que le film avance, fait que l'on commence petit à petit à comprendre et donc à aimer un personnage qui semblait au demeurant assez antipathique. L'histoire familiale a quelque chose de très touchant et la meilleure scène du film est sans aucun doute celle du climax de cette storyline, le père qui avoue et le fils qui craque au même moment, c'est bouleversant.
La mise en scène de Pou-Soi Cheang est très nerveuse et dynamique, dans la plus pure tradition du cinéma HK, et ça, ça fait franchement plaisir. Ses mouvements de caméra sont rapides mais toujours limpides lors des séquences d'action, et quand c'est du dialogue, il filme ses personnages au plus près ce qui renforce encore ce sentiment de claustrophobie étouffante qui se dégage de son film, c'est vraiment une excellente surprise de ce côté-là.
Les acteurs sont très bons dans l'ensemble, même si les personnages secondaires ne sont là QUE pour jouer les faire-valoir pour notre duo principal, en particulier la charmante Weiying Pei qui est présente dans beaucoup de scènes mais qui n'est là que pour faire le boulet de service, c'est dommage.
Mais les deux acteurs principaux sont excellents et, finalement, c'est tout ce qui compte. Edison Chen est étonnant de bestialité, mais il arrive tout de même à rendre son personnage sympathique au détour de quelques scènes très tendres qui permettent au film de respirer. La grosse claque nous vient de la performance de Sam Lee, exceptionnel, tout simplement. Comme je le disais plus haut, il commence comme un personnage détestable pour finir par susciter une empathie infinie chez le spectateur, une préstation pleine de justesse et d'intelligence, chapeau bas !
Et si le film s'arrêtait après 1h15, il serait très proche d'être un grand chef-d'œuvre, seulement voilà, il y a cette dernière demi-heure, et là c'est la quatrième dimension, à croire qu'un autre réalisateur à prit les commandes pour nous livrer un grand moment de débilité.
Pang s'enfuit avec Yue et c'est un nouveau film qui commence, un très très mauvais film. On a d'abord le droit à une chanson en Anglais digne de Celine Dion qui nous répète sans cesse "There is hope !!!!" et on se demande ce qui se passe tellement c'est dégoulinant de niaiserie. Puis on a le droit à un petit montage façon "La petite maison dans la prairie" dans lequel le tueur hystérique que l'on a suivi dans la première parti du film et sa dulcinée se font des bisous, mangent des pommes et se préparent à élever un enfant parce qu'elle est en cloque. Mais le sommet du ridicule, c'est bien le sort réservé au personnage du flic dont je vous chantais les louanges un peu plus haut, alors je n'en dis pas plus pour ne pas "spoiler" mais c'est du foutage de gueule total, vraiment du grand n'importe quoi, à vomir tellement c'est débile. Et puis la césarienne, je n'en parle même pas, on dirait du "Kung Pow" tellement c'est ridicule !!!
"Dog bite Dog" est donc un excellent film, noir, violent, avec une mise en scène stylisée mais au service d'une histoire passionnante et de personnages très intéressants si l'on s'en tient à cette première heure et quart, et puis ça devient une parodie complètement débile dans la dernière demi-heure, je ne comprends franchement pas ce qu'il s'est passé ...

8,5/10 jusqu'à la fuite de Pang, 0,5/10 pour tout ce qui suit ...
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