Comme vous l'avez surement constatés, les remake de films d'horreurs des années 70 pullulent sur nos écrans depuis un petit moment et la qualité n'est pas toujours au rendez-vous. Mais, pour plusieurs raisons, cette remise au goût du jour d'un des (du?) classiques du slasher m'intriguait fortement.
Tout d'abord, j'ai déjà eu l'occasion de crier ici tout mon amour pour John Carpenter, "Halloween" est une de ses plus grandes réussites et c'est certainement son film le plus "copié", il n'y a pas UN slasher sorti après "Halloween" qui ne s'en inspire pas ne serait-ce qu'un petit peu.
L'idée de "remaker" ce film fondateur n'était donc pas mauvaise en soi. Mais ce qui me donnait le plus d'espoir, c'est bien entendu la présence de Rob Zombie dans le fauteuil de réalisateur, le célèbre rockeur s'étant en effet brillamment illustré dans l'exercice cinématographique avec son "House Of 1000 Corpses" et surtout avec l'excellent "The Devil's Rejects".
Je partais donc avec un à-priori plutôt positif sur le film et l'idée de se pencher sur la genèse de Michael Myers me paraissait être excellente.
Alors commençons par enfoncer une porte ouverte: le film de Zombie ne peut en aucun cas soutenir la comparaison avec celui de Carpenter. Je ne comparerais donc pas les deux films, cela ne serait pas très intéressant et le remake s'en trouverait grandement handicapé.
La première chose qui saute aux yeux, et qui me fait franchement plaisir je vous l'avoue, c'est que le style Zombie est bel et bien présent. La mise en scène brute de décoffrage et très nerveuse couplée à une violence tant verbale que visuelle sied à merveille au sujet du film.
La deuxième confirmation, c'est que de décrire la "jeunesse" de Myers et d'essayer d'analyser les éléments qui ont contribué à le transformer en monstre dénué de toute émotion est effectivement une très bonne idée. Toute cette première partie est, de loin, ce qu'il y a de plus intéressant dans ce "Halloween" version 2007. La famille dysfonctionnelle, le commencement par le massacre de petits animaux, la fascination pour les masques et bien sûr le fait que la folie meurtrière commence le soir d'halloween, tous ces éléments sont magnifiquement décrits et le jeune Daeg Faerch est franchement exceptionnel dans le rôle de ce jeune Michael Myers.
Son regard vide et d'une froideur à vous faire froid dans le dos contraste magnifiquement avec son visage angélique, et toucher à l'innocence d'un enfant à toujours quelque chose de très dérangeant.
C'est de plus la première fois de toute la saga que l'on voit le visage du tueur, et on ne verra son visage que lorsqu'il est enfant et ça, c'est peut-être la meilleure idée du film. Le spectateur est donc forcé d'associer ce visage de petit blondinet à l'immense masse meurtrière que représente le corps monstrueux de Myers adulte, cela renforce encore l'horreur des actes commis par le mythique tueur masqué.
L'excellence de cette première partie se poursuit jusqu'à l'évasion de Myers, Malcolm McDowell est encore une fois parfait dans le rôle de ce psy qui essaye de comprendre à tout prix le mécanisme de ce cerveau qui ne fonctionne qu'à l'instinct animal.
La fascination de Myers pour les masques est analysée un peu plus en profondeur et Zombie a bien compris que c'est là l'un des aspects les plus importants du personnage.
Si le film avait continué sur cette voie, il aurait put être un grand chef-d'œuvre, une psychanalyse de deux heures aurait eu quelque chose de vraiment fascinant.
Mais cela ne sera malheureusement pas le cas, la dernière heure du film est bien plus calquée sur l'original et le film se transforme en slasher pur et dur.
Et là, Zombie n'a rien de la classer ou de la virtuosité d'un John Carpenter et, même si les scènes chocs sont dans l'ensemble très efficaces, le film perd grandement en intérêt et l'ennui pointerait presque le bout de son nez.
Cela est dû essentiellement à deux choses : le trio de poufiasses est absolument insupportable et le jeu de cache-cache entre Myers et Laurie s'éternise malheureusement un peu trop.
Voilà, ce remake de " Halloween" est donc un bon film sans l'ensemble même si le manque d'originalité et la trop longue durée du carnage final plombe un peu un début vraiment excellent.
Mais Rob Zombie s'en sort plutôt bien et j'ai comme l'impression que l'idée de terminer son film en faisant presque du copier-coller n'était pas entièrement la sienne, cela ressemble fortement à une exigence mal placée des exécutifs du studio, mais je peux très bien me tromper.
Sinon, la musique légendaire de Big John "himself" est toujours aussi efficace et ce remake aura au moins eu la bonne idée de me donner envie de revoir l'original.
7/10